mardi 17 mai 2011

LE MARTYR DE CATHERINE

Nous l'avons compris, notre sainte Église Originelle fut persécutée pendant de longues années, sous les Ottomans, puis par l'État et l'Église d'État Officielle d'alors, non sans brutalité ni morts. Le sang fut, hélas, versé.

Catherine PEPPAS, née en 1900 en Attique à Mandra, épouse Constantin ROUTTIS. Ils ont deux enfants.

Fidèles à notre Église des Pères,ils vivent en paix, participent régulièrement à la Divine Liturgie, travaillent et vivent dans la joie de voir grandir leurs enfants.

A la fin de la Divine Liturgie du 8 novembre 1927, Catherine devait sacrifier sa vie pour recevoir la couronne du martyr.
Voici ce qu'écrivait le journal TA PATRIA:

" Mandra en Attique, lieu des évènements héroïques et tragiques; lieu qui offrit un exemple à notre époque matérialiste, une héroïne de notre foi, la jeune Catherine ROUTTIS"

En la Vigile de la fête des saints Archanges, à l'aube du 8 novembre 1927, les femmes de Mandra, avec parmi elles Catherine, nettoient l'Église des anciens calendaristes orthodoxes, VCO.

Le Père Christophore Psallidas (prêtre de cette église) est venu pour la Liturgie. Tous l'accueillent dans la joie. Les cloches résonnent. 

Les Vêpres commencent dans la paix. Mais arrivent les forces de polices qui cernent l'église. Pourquoi un tel siège ? Seules étaient présents des gens qui priaient selon le Vieux Calendrier des Saints Pères. Pourquoi donc ces forces de polices menaçantes? 

Ces forces policières obéissaient aux ordres de l'archevêque de l'Église d'État d'alors, avec pour devoir d'arrêter le prêtre et de disperser les fidèles de toutes les manières.

Les fidèles ferment l'entrée de l'église, et la liturgie continue. Les forces de policent frappent de leurs crosses de fusils les portes de l'église pour l'enfoncer, brisent les vitres du sanctuaires. Les fidèles prient...

Les forces de polices vocifèrent, insultent, menacent!

D'autres représentants de l'ordre arrivent en renfort pour débusquer un malheureux prêtre et des fidèles sans armes.

Les fidèles ont communié et reçoivent la bénédiction du prêtre. Ils vont se retirer dans la paix. Ils avancent vers la porte et commencent à sortir.

Un mur vivant composé des femmes entoure le prêtre en grand danger. De l'ombre surgissent les forces armées des schismatiques de l'Église d'État qui exigent qu'on livre le prêtre. Refus des fidèles qui font obstacles. Une femme dit : "Vous ne toucherez pas au prêtre, ni ne l'arrêtrez, vous devez d'abord nous bousculer." C'est la voix de Catherine Routtis.

L'armée, pour percer le mur humain se met à tirer à coup de fusil pour faire fuir les fidèles. En vain!
Il n'y arrivent pas.

Les fidèles sont emportés par la sauvagerie de l'attaque policière. Une balle frappe Angélique Castsarellis à la tempe. Un soldat s'approche du prêtre et va le frapper de la crosse de son fusil. Catherine Routtis s'interpose vivement et couvre la tête du prêtre de sa personne. Elle reçoit le coup mortel sur l'arrière de la tête. Elle tombe, teignant le sol de l'église de son sang et murmure une dernière fois: "Très Sainte Mère de Dieu."

Son mari est averti. Elle est transportée à l'hôpital d'Athènes en même temps que la pieuse Angélique Castsarellis, blessée par balle.
Catherine se battra sur son lit durant sept jours. Le 15 novembre 1927 suivant le calendrier des Pères, 1er jour du carême de Noël à 4 heures du matin elle remit son âme de martyre au Seigneur Christ.

Son enterrement fut une véritable procession des reliques d'une martyre. Des milliers de personnes suivirent le cortège.

L'ÉVÈNEMENT MAJEUR.
Mai 1935.

Onze évêques de l'Église Officielle de l'État d'alors, décident de retourner au vrai calendrier des Pères, dit calendrier Julien.
Calendrier tel qu'il était avant le sabordage de l'État. Ces évêques prennent en charge les communautés traditionnelles et les paroisses.
Néanmoins, la pression et la persécution furent si vives et intenses que huit d'entre eux se dédirent au dernier moment.

Les trois évêques qui persévèrent étaient:
- GERMANOS de Demetria.
- CHRYSOSTOME de Zakynthos.
-CHRYSOSTOME de Florina (1870-1955).

Chrysostome de Florina devenant le chef de l'Église des "anciens calendaristes", donc, de l'Église Orthodoxe Traditionnelle de Grèce.

En 1935, au mois de mai, ils publient une déclaration de séparation immédiate de l'Église Officielle d'État et de retour à l'ancien calendrier des Saints Pères.

Se sachant menacés et prévoyant leur arrestation imminente, les trois évêques consacrent immédiatement quatre autres évêques: 
- GERMANOS des Cyclades.
-POLYKARPOS de Diavleia.
-CHRYSTOPHOROS de Megara.
-MATTHAIOS de Vresthena, moine duMont Athos.

Les trois évêques consécrateurs et les quatre évêques consacrés furent violemment persécutés par l'Église de Vénizelos et du traitre Métaxakis. Ils furent envoyés en exil dans des monastères éloignés.

Sous la menace et les violentes pressions, trois d'entre eux retournèrent à l'Église persécutrice officielle.
les quatre autres, après quelques mois d'exil retournèrent à Athènes, avec l'acceptation des autorités, où ils formèrent le premier Saint Synode de l'Église Orthodoxe Authentique de Grèce ( Église orthodoxe Grecque Traditionnelle. VCO), sous la présidence du métropolite Germanos des Cyclades.

Jusqu'à la seconde guerre mondiale, les persécutions de l'État contre les anciens calendaristes se poursuivirent et le métropolite Chrysostomos fut, à trois reprises, traîné devant les tribunaux civils, en 1937, 1938 et 1940, mais chaque fois il fut acquitté.

NOUVELLES PERSÉCUTIONS CONTRE LES VIEUX CALENDARISTES 1950
1946- La Grèce se retrouve, une fois de plus dans un nouvel étau occidentaliste qui encourage la politisation de l'Orthodoxie en tant que force à la fois pro-occidentale et anti-communiste.

1947- Fondation par des "théologiens" orthodoxes laïcs, sous le commandement de l'archimandrite Eusébios Mathopoulos, d'une fraternité se nommant ZOE (vie). L'objet de ce groupe : suivre la tendance occidentale catholico-protestante, condamner la vie monastique contemplative des moines et remplacer la prière par l'action sociale et la propagande religieuse. le discours doit être moraliste et apologétique. On passe ainsi de la Tradition Orthodoxe à l'activisme. Plus question de tradition HÉSYCHASTE (mot grec qui veut dire: repos, quiétude, tranquillité. Il signifie le silence et la paix intérieure dans lesquels cherchent à s'établir ceux qui se consacrent à la à la prière et à la sobriété spirituelle - nepsis.) (Catéchèse orthodoxe. Vocabulaire théologique. Cerf 1985).