vendredi 7 octobre 2011

L'ÉGLISE (suite de l'article précédent)

Je terminais l'article précédent en disant que l'homme occidental se perdait dans son "AUTO-ADORATION", dans son "AUTOSATISFACTION".

Hors, l'Occident exporte cette "maladie" aux peuples qui avaient encore en eux une vitalité authentiquement spirituelle. Plus personne n'est épargné par ce mal insidieux - le rejet de Dieu -

Notre bel Occident propage son "arianisme occidental", plus de DIEU-HOMME, mais bien des homme-dieux qui n'ont qu'un désir, accomplir leur unique volonté et qui se créent de faux besoins, de faux absolus. L'hérétique ARIUS et son chef d'oeuvre THALÉE sont-ils donc désormais vainqueurs? Le mal a-t-il eu sa victoire? Tout peut le laisser penser!

Erreur, le dernier mot revient au Seigneur Christ, car Il est vainqueur. 

"Sans sainteté, il n'est ni éducation, ni enseignement; hors des Saints, il n'est ni maîtres, ni véritable pédagogues". ( Études sur saint Issac le Syrien du Père Justin Popovitch.)

L'HUMANISME
Nous entendons sans cesse, à travers les médias, parler de telle ou telle personne qui était ou serait un humaniste, voir même un "grand humaniste"...
 (L'humanisme: Courant culturel européen se développant à la renaissance. Les "humanistes" renouent avec la civilisation gréco-latine. Les "intellectuels" de l'époque ont un grand appétit de savoir. Ils considèrent que l'HOMME est en possession de capacités intellectuelles illimitées, que la quête du savoir et la maîtrise des diverses disciplines sont nécessaires au bon usage de ces facultés. Ils prônent la vulgarisation de tous les savoirs, même religieux: la Parole divine doit-être accessible à tous. La notion de liberté (libre arbitre), de tolérance, d'indépendance, de curiosité sont donc indissociable de la de la théorie humaniste classique.
De ce fait, mettant l'accent sur la capacité d'auto-détermination, l'humanisme rejette la validité des justifications transcendantes, comme la dépendance à l'égard de la croyance sans raison, du surnaturel ou de textes présentés comme d'origine divine. L'humanisme occidental reprend pour lui l'affirmation de Protogoras (Antiquité grecque), affirmant que "l'homme est la mesure de toute chose".

Henri de LUBAC, un théologien catholique du 20ème siècle écrit : "Le drame de l'humanisme athée", dénonçant l'humanisme athée qui exalte le libre-arbitre jusqu'à l'excès. Dénonçant l'humanisme moderne qui constitue une forme de Pélagianisme (Pelage né vers 350 après J.C. = hérétique), c'est-à-dire une religion humaniste privée de grâce. Lubac pense que l'orgueil de l'être humain pour soi est la cause principale de l'athéisme moderne, que la doctrine humaniste athée conduit immanquablement vers une absence d'humilité et un manque de charité.)

 Le Père Justin POPOVITCH écrit : "L'humanisme est justement le mal primordial de l'homme. Au nom de l'humanisme autonome, l'homme a rejeté Dieu dans une transcendance surhumaine, et il est resté tout seul pour lui-même et en lui-même."
 Pour le Père Justin: l'humanisme a trois conséquences inéluctables: 
1.- La perte de la connaissance de Dieu, puisque le Seigneur Christ, le Dieu-Homme, est mis au second plan, remplacé par de faux critères, comme la raison humaine. " Pilate demande à la Vérité faite chair, qu'est-ce que la vérité ?"
L'humanisme conduit les hommes "au martyr de la pensée", "il semble que la conscience n'ait été donnée aux hommes que pour les tourmenter en vain, pour qu'ils ressentent leur tragique impasse à partir de leurs terribles conditions d'existence."

Au contraire, dans le Seigneur Christ, la connaissance devient Joie et allégresse. "Les connaissances, dés que le Seigneur Christ, les touches, deviennent joie, joie, allégresse, en paradis."
 2.- L'humanisme entraîne la "sécularisation" des vérités évangéliques, qui deviennent subjectives et sont souvent intégrées comme des principes philosophiques ou éthiques, ne se distinguant en rien des philosophies ou morale du monde.
"Tout amoindrissement, tout relâchement ou simplification, tout anthropomorphisme de l'objectif chrétien (...), le transforme en une simple religion humaniste, en une philosophie ou une organisation humaniste."
 L'hérésie humaniste sépare le Christ de l'Église, l'Église et le salut, l'amour et la vérité, la spiritualité et la théologie.

Selon le vénérable Père Justin Popovitch, cet humanisme arianisant apparaît à l'époque contemporaine dans nos Églises occidentales et dans l'oecuménisme tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Pour le Père Justin, l'oecuménisme relativise, émousse et affaiblit le critère unique de la vérité, à une collection d'opinions humaines. Pour lui, l'oecuménisme est donc la dernière HÉRÉSIE, celle qui récapitule toutes les autres, parce qu'en elle, toutes ont leur place. L'oecuménisme  tel que nous le connaissons aujourd'hui est la PANHÉRÉSIE, parce qu'il vient après tous les échecs de l'humanisme dans la quête d'un critère autre que le DIEU-HOMME.
 Malgré son apparente dureté, la grande rigueur de cette critique de l'humanisme ouvrira certainement un horizon, révèlera une dimension nouvelle, et peut-être chacun pourra-t-il trouver le doux chemin du DIEU-HOMME, grâce au Père Justin Popovitch, qui écrivait: "L'homme qui cherche sincèrement le sens et la lumière de la vie trouve toujours une joie spirituelle inexprimable, l'enthousiasme, des mobiles spirituels et des horizons largement ouverts dans la Sainte et mystique Église Orthodoxe."
 "Dans l'Église, le Christ est partout présent, c'est Lui qui est l'apostolicité des Apôtres, la prophétie des prophètes, la sainteté des Saints, la foi des croyants, l'amour de ceux qui aiment, la justice des justes, la douceur des doux et l'humilité des humbles."

L'impasse tragique à laquelle est acculé l'homme contemporain comporte une seule issue qui conduise réellement à sa libération : le DIEU-HOMME, SEIGNEUR-CHRIST, le Seigneur BON ET AMI de l'homme, le LIBÉRATEUR du monde, c'est la vérité de l'Évangile : "Dieu a envoyé Son Fils comme Sauveur du monde." ( 1 Jean 4, 14). 
( D'après des textes du Père Justin POPOVITCH - L'homme et les DIEU-HOMME - traduit par Jean-Louis Palierne. Éditions l'Age d'Homme- collection "La Lumière du Thabor.)