samedi 4 février 2012

DIMANCHE du PHARISIEN et du PUBLICAIN
DIVINE LITURGIE    10H 30 à la Fraternité Monastique.
 
Lectures : Épître :  2 Timothée 3, 10-15.

                          Évangile : Luc 18, 10-14.
 Pas de jeûne durant cette semaine. Pas de jeûne non plus mercredi et vendredi.

DÉBUT DU TRIODE DE CARÊME.
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Le Triode nous prépare, durant ces trois semaines qui viennent à l'entrée dans le Grand et Saint Carême.  Cette première semaine débute par la parabole du Pharisien et du Publicain.

La semaine prochaine l'Église réintroduira le jeûne du mercredi et du vendredi. Puis la semaine suivante l'Église nous invite à supprimer toute la viande et à ne conserver que les laitages, d'où son nom "semaine des Laitages".

Cette préparation au Jeûne du Grand et Saint Carême nous vient d'une tradition qui remonte au IVème siècle.
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Le Tropaire du dimanche est celui du Ton 1 du dimanche.

Le Kondakion du Ton 4, lui, nous fait entrer directement dans le vif du sujet:
Fuyons la jactance du Pharisien et apprenons du Publicain l'humilité; dans les soupirs, crions au Sauveur : sois miséricordieux envers-nous, Toi qui seul te laisse fléchir !"


Pourquoi ne jeûnons-nous pas durant cette semaine ?
En condamnation du jeûne ORGUEILLEUX du Pharisien.

Que chantons-nous le dimanche à l'Orthros (matines) ? :
Ouvre-moi les portes de la pénitences, Seigneur source de vie, dans Ton saint temple veille mon esprit, portant le temple très impur de mon corps, mais dans Ta bonté purifie-moi, en Ta grande tendresse et Ton amour compatissant.

Conduis-moi sur les chemin du salut, ô Mère de Dieu, car j'ai souillé mon âme par le péché et dans l'indolence j'ai dépensé toute ma vie, mais par Tes saintes prières délivre-moi de toute impureté.

Ce premier stichère de l'Orthros est tiré de la parabole du Publicain, il nous rappelle la nécessité du repentir sincère et sans calcul. Il est aussi un chant d'espoir et de confiance dans la tendresse de Dieu. Ce Dieu Bon et Ami des hommes.
Celui qui s'adresse à la Mère de Dieu fait référence à la parabole du Fils Prodigue.

Orthros : Ode 6 ton 3.
En présence du Seigneur nous offrirons nos soupirs de publicains et devant Lui nous nous prosternerons comme de pauvres pécheurs, car Il veut le salut de tous les hommes et pardonne à tous les coeurs repentants : c'est pour nous qu'Il est venu dans la chair, le Verbe coéternel au Père.

Ode 7
Gravissant les degrés de l'humilité, le Publicain monta jusqu'au ciel et par sa jactance le Pharisien, dans sa légèreté, s'aventura sur la corde raide de l'Enfer.

HOMÉLIE de Saint Théophane le Reclus
(Le Grand Carême - Lectures Orthodoxes pour chaque jour - Éd. des Syrtes.)

"Ne présume pas de ta prétendue qualité de juste"
 Voici que reviennent les semaines préparatoires au grand carême ! Grâces soient rendues à Dieu qui nous a permis de vivre jusqu'à ce temps salutaire !
Prions pour qu'Il nous aide à en tirer bénéfice selon Ses dispositions bienveillantes envers-nous.(...)

Pour aujourd'hui, et pour toute la semaine qui va suivre, nous tirons notre leçon du Publicain et du Pharisien. Elle est courte : ne présume pas de ta qualité de "juste" mais, au contraire, nonobstant le grand nombre de tes bonnes actions, mets tout ton espoir de salut dans la bonté de Dieu et lance du fond de ton coeur le cri : "Ô Dieu, aie pitié de moi pécheur !"
 À voir le Pharisien être l'objet d'un blâme, n'allez pas croire que les oeuvres de justice, de piété, de charité et d'extrême tempérance ne soient rien aux yeux de Dieu. Non ! Le Seigneur à blâmé le Pharisien non pour ses actions mais pour avoir tiré vanité de celles-ci, pour avoir fondé tout son espoir sur elles en oubliant les péchés auxquels il avait forcément part.
De même, à regarder le Publicain, n'allez pas croire que les péchés ne sont rien devant Dieu. Non ! Le Seigneur loue le Publicain non point de s'être mis, par ses péchés dans l'état de celui qui n'est pas digne de lever les yeux vers le ciel, mais parce que, s'étant lui-même acculé à cette situation par sa mauvaise conduite, il la regrette, il en est désolé et il espère trouver sa délivrance dans la miséricorde divine. Le Seigneur le loue pour ce retournement, pour son humilité, son affliction qui lui font s'exclamer : " Ô Dieu, aie pitié de moi, pécheur !"
Prenant ainsi exemple sur l'un et l'autre personnage, nous tirons cette leçon : travaille, oeuvre pour le Seigneur avec zèle en suivant toute la gamme de Ses préceptes - et l'espoir du salut, mets-le entièrement dans la seule miséricorde divine. Jamais tu ne parviendras à être toujours et en toutes choses sans fautes devant Dieu et c'est pourquoi, quelle que soit ta supposée excellence, ne cesse de clamer du fond du coeur : " Ô Dieu, aie pitié de moi, pécheur !
Rassemblez ensuite dans votre esprit toutes vos bonnes actions ou plutôt celles  que dans votre vanité vous considérez comme bonnes et voyez : sont-elles si nombreuses que cela ? Combien nous aurions pu et combien nous aurions dû faire tout au long des trois cent soixante-cinq jours de l'année, et qu'avons-nous fait ? Fort peu, et ce "peu", faut-il l'étaler en clamant : je ne suis pas comme les autres hommes - surtout lorsque face à ce "peu", il y a les mauvaises actions, lesquelles sont innombrables ? Car sur les 24 heures de chacun des 365 jours, combien en compte-t-on qui ne portent l'empreinte d'un péché quelconque ? En prenant conscience de cela, comment ne pas s'exclamer : "Ô Dieu, aie pitié de moi, pécheur!"



 Ce "peu" est-il pur ? Voit-on sur chacune de ces rares bonnes actions le reflet de la gloire de Dieu? En les accomplissant, ne songeons-nous pas à nous-mêmes et aux hommes plus qu'à Dieu? Et s'il en est ainsi, comment leur attribuer le moindre prix et comment, à les considérer, pouvons-nous nous hausser à nos propres yeux en disant : " je ne suis pas comme les autres hommes" ? Non ! Tournez vers vos actes le miroir impartial de la justice inscrite dans la Parole de Dieu - et l'on peine à croire que votre conscience ne vous poussera pas à supplier : " Ô Dieu, aie pitié de moi pécheur !"
(...)
En morale, il n'y a pas pire que le contentement de soi. Il attaque le sentiment de contrition et il le refroidit. Comme le feu est incompatible avec l'eau, ainsi la contrition est incompatible avec le sentiment de son mérite. Comme la paralysie atteint les organes du mouvement, ainsi la fatuité sape tout élan vers le bien. Comme une mauvaise rosée tue les plus belles fleurs, la complaisance envers soi, menteuse, tue en nous tout ce qui est bon. Choisissez donc, mes frères, ce qui est bon et rejetez ce qui est mauvais! (...)

Puisse la bonté illimitée de Dieu nous accorder à tous ce bien suprême !