vendredi 6 avril 2012

ANNONCIATION DE LA MÈRE DE DIEU

TROPAIRE de l'ANNONCIATION  ton 4.
Ce jour est la préface de notre salut et la manifestation du mystère éternel. Le Fils de Dieu devient fils de la Vierge et Gabriel annonce cette grâce.
Avec lui nous te chantons Mère de Dieu : Réjouis-toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

KONDAKION du ton 8
Que retentissent nos accents de victoire en ton honneur invincible Reine, toi qui nous sauves des périls du combat, Mère de Dieu, Vierge souveraine ! Vers toi montent nos louanges, nos chants d'action de grâces. De ton bras puissant dresse autour de nous le plus solide des remparts, sauve-nous de tout danger, hâte-toi de nous secourir, nous qui te chantons : Réjouis-toi, Épouse inépousée.

L'ANNONCIATION
L'INCARNATION DU FILS DE DIEU, PRÉDÉTERMINÉE EN CONSEIL DIVIN, EST ANNONCÉE À LA VIERGE MARIE.
Faisons l'effort de nous reporter en pensée à Nazareth et penchons-nous attentivement sur ce qui s'y est passé en ces instants si précieux.
La Vierge Marie avait reçu au Temple de Jérusalem une éducation basée sur la Parole divine qui avait empli son esprit et nourrit son âme.
Elle est assise et tient le livre d'Isaïe, ouvert à l'endroit même où il est question de la naissance du Dieu-Homme à partir d'une Vierge. A la lecture de cette prophétie, qui remplit de consolation tout Israélite, son coeur ressent une foi intense et un grand amour pour le Messie.
La très Sainte Vierge ne pouvait imaginer une telle proximité avec Dieu. Elle priait seulement d'être rendue digne de voir Sa mère toute bénie et de la servir comme esclave.
 C'est au milieu de ces pieuses pensées que lui apparaît l'Archange Gabriel et lui annonce qu'elle est précisément cette Vierge choisie de Dieu : "Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes".
 Pouvait-elle ne pas être émue ? Une telle salutation provoque en elle un grand émoi. Elle craignait une imagination vaniteuse. Mais elle craignait aussi d'offenser ce messager et Celui qui l'envoyait. Elle recherche de l'aide dans la piété et attend encore ce qui dira Son Seigneur.
L'Archange s'empresse de l'apaiser, de ramener en elle de la sérénité: "Ne crains rien, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Tu concevras et tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de JÉSUS : il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il règnera éternellement sur la maison de Jacob, et Son règne n'aura pas de fin".
La volonté de Dieu est à cet instant dévoilée.
Mais pour Marie une question s'élève en son âme: comment cela peut-il donc se réaliser, comment puis-je enfanter car je n'ai pas d'époux ?
Cette question n'est surtout pas un manque de foi, mais une interrogation parfaitement naturelle concernant un phénomène incompréhensible :"Comment cela est-il possible, car je ne connais pas d'homme ?" demande-t-elle à l'Archange. La réponse fuse : "L'Esprit Saint viendra sur toi, et la vertu du Très-Haut te couvrira de Son ombre. C'est pourquoi l'ÊTRE Saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu".

L'archange ne part pas. Qu'attend-t-il ?
La Vierge a entendu, mais cela ne suffit pas, il faut son acceptation, qu'elle s'unît à la Parole de Dieu.
Marie exprime alors son entière soumission à la volonté de Dieu, avec une humilité entière et la foi dans le mystère incommensurable de l'incarnation du Fils de Dieu : "Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole". A ce moment s'accomplit la descente du Saint Esprit et fut réalisé l'inexprimable et incompréhensible mystère de la conception du Messie Jésus.

Ainsi le Seigneur Christ naît de la Vierge Marie sans conception humaine. 
 Quel immense mystère ! Quels dogmes célestes : Vierge et Mère !
Désormais, le Fils de Dieu, revêtu de la nature humaine, est assis à la droite du Père; avec cette nature il Lui est donné tout pouvoir sur la terre et au ciel (Matthieu 28, 18); Il reçoit dans Sa nature humaine, comme Dieu, la vénération dans les cieux, sur la terre et dans les enfers. (Phil. 2, 10)


Dans une moindre mesure, notre nature a été magnifiée aussi en la personne de la Très Sainte Vierge Marie. En effet, elle a donné naissance au Seigneur d'une façon humaine. Mais l'humanité du Christ s'est unie à la divinité de façon inséparable et indivisible dès sa conception en une seule Hypostase divine. Cela signifie que la Vierge Marie a conçu, a porté en son sein et a enfanté le Fils du vrai Dieu. Elle est donc véritablement la Mère de Dieu. Ainsi est-elle magnifiée plus que toute créature sur terre et dans le ciel; aussi est-elle glorifiée comme plus vénérable que les chérubins et plus glorieuse que les séraphins, les esprits créés les plus élevés. Elle est la première après Dieu, la Souveraine du Ciel et de la terre.

Si ce n'est au même degré; notre nature humaine est magnifiée en chacun de nous dans la mesure où nous croyons dans le Fils de Dieu incarné. Par le sacrement du Baptême nous naissons en Dieu, nous nous revêtons du Christ. Par la Chrismation, le Sainte Onction, nous recevons le Saint Esprit. Dans le sacrement de l'Eucharistie nous nous unissons au Christ, Il demeure en nous et nous en Lui (Jean 4, 15).
Si notre nature a été magnifiée à tel point par l'incarnation de notre Seigneur et par la Très Sainte Vierge Marie, elle peut être magnifiée en chacun de nous. 
(Macaire, métropolite de Moscou).