mardi 7 août 2012

RÉFLEXIONS SPIRITUELLES
Il est parfois si difficile de vivre dans notre monde !
Est-ce plus difficile aujourd'hui qu'hier ?
Personnellement, je ne peux pas répondre à cette question.
Cependant, en tant que Hiéromoine (moine-pêtre), j'écoute chacun, je vois la douleur et la souffrance de beaucoup et je me rends compte qu'il y a un désespoir envahissant qui ruine l'âme et le corps d'un grand nombre. Certains ne peuvent y faire face et commettent des actes ultimes.

Me vient à l'esprit ce que le Seigneur Christ dit à saint Silouane, moine russe du Mont-Athos : " Tiens ton esprit en enfer, et ne désespère pas".
C'est une phrase qui peut nous sembler rude, mais en fait elle est pleine d'amour et d'espérance, car quoi qu'il se passe, JAMAIS le Seigneur Christ ne nous abandonne, Il nous fait franchir chaque écueil et nous conduit vers Lui et Sa douce paix, Son amour infini, Sa joie, loin des douleurs et des tristesses.
Cette parole nous a été transmise par le saint Moine Silouane. C'est un cri d'espoir pour notre temps. Notre époque, il faut bien le reconnaître, se caractérise par un désespoir singulièrement oppressant.
Beaucoup de gens ont perdu le peu de foi qu'ils avaient, d'autres ne croient même plus en la Résurrection et encore moins à l'immortalité de l'âme.
Le Seigneur Christ dit : "En vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à Celui qui m'a envoyé,  a la vie éternelle..." (Jean 5, 24)
L'homme devrait réfléchir aux dons de Dieu: ces dons indescriptibles font de l'homme le porteur de la plénitude de l'être divino-humain, par l'union avec le Christ dans la prière qui le rend semblable à Lui.

"Mon Seigneur et mon Dieu...maintenant, Seigneur Jésus Christ, par le don de Ton insondable puissance, et par Ta bienveillance envers nous, moi aussi, pauvre, désespéré et misérable, je passe de la mort à la vie...maintenant - je suis ! "
"Mon Dieu, une certitude brûle mon âme, Tu es ressuscité; par Toi la mort est abolie et détruite. Et moi, homme, je te confesse, je passe de rien à la vie. Gloire à Toi !"

Contrairement à ce que proclament bons nombres de philosophes, "d'humanistes athés" ou autres agnostiques, nous ne créons pas Dieu "à notre image et à notre ressemblance". Nous n'imaginons pas cet être et ne pouvons l'imaginer à partir de nous mêmes.
En fait nous LE cherchons, et beaucoup ne peuvent encore le "Nommer".
Dans la prière nous attendons que Celui que nous cherchons, entende notre cri, qu'Il nous donne un signe.
Dans notre douleur, nous nous ouvrons pour recevoir de LUI une réponse. Nous voulons le connaître, LUI l'Auteur de notre vie.

 Moine-prêtre, je peux comprendre avec une énorme compassion,  ceux qui me disent : "s'il existe votre prétendu Dieu bon, j'ai deux mots à Lui dire. Pourquoi mon fils est-il handicapé, pourquoi ai-je dû subir et lui avec, tant de souffrance. Partout on abat des gens comme des chiens, en Syrie, au Mali. Pourquoi votre fils est-il parti si jeune alors qu'il était bon, pourquoi frappe-t-on des vieillards , pourquoi tant de maux, Père expliquez-moi cela, alors je pourrais peut-être croire à votre Dieu que vous dites Bon et Ami des hommes !"
Ce cri je ne l'ai pas inventé, je l'ai vraiment entendu, et mon coeur et mon âme pleuraient pour cette personne. Elle résumait en une courte phrase la douleur de tant de monde ! Alors j'ai pleuré pour toutes ces souffrances de notre humanité !
 Doucement, avec patience, dans un véritable abandon à Celui que nous cherchons, y compris à travers nos douleurs et parfois notre désespoir, se développe en nous la capacité de Le contempler, par delà toute image.
IL EST LUMIÈRE ET VÉRITÉ !
Lorsque cette  Lumière véritable (Jean 1, 9) nous embrasse, nous vivons son amour et sagesse. Nous sommes alors dans la joie. Sur nous descend une profonde reconnaissance, non sous forme de pensée, mais comme "état" de notre esprit.
 IL EST CELUI QUI EST.
Sans commencement, sans fin. Il est le commencement, le principe de tout ce qui existe et la fin infinie de toutes nos attentes.
Dans le plus profond de notre coeur, nous reconnaissons qu'Il désire que nous l'aimions comme LUI nous aime.
Et notre coeur cri vers cet Amour infini : "KYRIE ELEISON - Seigneur, aie pitié !
Il sait, LUI, notre Dieu aimant et Créateur, que notre vie est un combat rude et pavé de souffrances, un rude et douloureux combat. 
Comme l'Apôtre bien-aimé, Jean, nous avons le désir de nous "blottir" contre Lui pour Lui dire notre vie !
La prière est le lieu de ce combat contre les forces de dispersion, de paresse, d'illusion, de doute et de désarroi.
Le Père saint Jean de Kronstadt voyait dans la perte de la foi au 19ème siècle et les suivants, une conséquence de la perte de l'esprit de prière.

Que dirait-il s'il vivait aujourd'hui !

Pourtant, ô combien j'en suis convaincu, la prière met l'homme tout près du coeur de Dieu, comme du coeur des autres, nos frères.

La prière doit se faire non dans l'esprit d'un esclave qui remplit une corvée, mais en mettant en mouvement le fond du coeur, animé d'un sentiment de joie. 
La joie de parler avec Celui qu'on aime. Lorsque nous parlons à notre ami, à notre fils, à nos parents, aux êtres qui nous sont si chers, nous sommes heureux et nous nous laissons aller...
Alors, sans aucune crainte déversons les flots de notre coeur  dans le coeur du Seigneur Christ ( regardez cette Icône de saint Jean se pressant sur la poitrine du Seigneur... vous comprenez de quoi nous parlons ! déverser...)

Le coeur qui ne croit pas que Dieu peut lui accorder ce qu'il demande, le coeur qui doute est accablé et oppressé, le doute l'étouffe.

Le doute n'est pas une faute, il est un blasphème, un mensonge du coeur et de l'esprit menteur qui se tapit dans le coeur et s'oppose à l'esprit de vérité. Le doute est un serpent venimeux. Il faut le craindre et le mépriser. Il ne faut lui prêter aucune attention.

Souvenons-nous de l'Évangile : "Crois-tu que je puisse faire cela ?", demande le Christ, dans Matthieu 9, 28. Et nous devons répondre : "Oui, Seigneur !"

N'avez-vous jamais remarqué comme le démon s'empresse d'éparpiller la prière comme on le fait d'un tas de sable, il tente de rendre les mots plus sec que le sable du désert. Il s'efforce de briser notre calme, de rendre notre prière sans ferveur.
Avouons-le, il y réussit bien trop souvent.

Les gens perdent la foi, soit parce qu'ils ont perdu l'esprit de prière, soit parce qu'ils ne l'ont jamais eu, et ne l'ont toujours pas; en un mot, parce qu'ils ne prient pas.  

Aujourd'hui le prince de ce monde peut se réjouir plus que jamais, car il a toute latitude pour agir dans le coeur les gens; il se fait leur maître.
Le démon embrase les passions, toutes les passions, chez les jeunes comme chez les anciens. Il triomphe en voyant la ruine des âmes, âmes pourtant rachetées au prix fort par le SANG Très précieux du Christ, qui a foulé aux pieds la puissance de l'ennemi, Satan.

Sommes-nous conscient que le Seigneur Christ court Lui-même à notre rencontre et nous embrasse avec amour. Cela ne vous rappelle rien ?
Relisez alors l'Évangile du fils Prodigue.

Combien de personne me disent ne pas avoir besoin d'absolution, de confession car me disent-elles : "Je n'ai rien à me reprocher, je n'ai pas de péché, je n'ai fait du mal à personne, je ne vois pas quoi dire..."

Tout d'abord je réponds : "Il n'est pas d'homme qui vive et en pêche pas. Puis comment pouvez-vous affirmer n'avoir jamais fait de mal à personne, un seul mot, un seul regard peut suffire à blesser profondément quelqu'un. Un refus, un silence, un dos tourné, une porte qui se ferme..." Toutes  ces choses suffisent à blesser quelqu'un. 
Un regard peut nous rendre meurtrier de notre frère, car le regard peut tuer plus qu'une balle de révolver.

Tous nous sommes plein de scories du péché, nul n'est sans péché. Et moi qui suis prêtre comme les autres. Seul Dieu est sans péché. Il en découle que seule la prière de repentir correspond à la vérité à notre sujet.

Que la prière soit de repentir, de demande, de remerciement ou de louange, la prière est une NÉCESSITÉ absolue et vitale.

LA PRIÈRE EST LA VIE, COMME LE SANG QUI COULENT EN NOUS, COMME L'AIR QUE NOUS RESPIRONS. 

Cessons de prier et nous tomberons comme des mouches dans un pot de confiture... pour ne pas parler d'autre chose.

"Demandez et vous recevrez. Cherchez et vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira." (Matthieu 7, 7)

Il est vrai que dans la prière il se produit parfois des moments de ténèbres et d'angoisse spirituelle montant de nos coeur incrédules (l'incrédulité est ténèbres).

À ce moment là il ne faut pas laisser nos coeurs défaillir. La divine lumière brille toujours, de toute sa splendeur et de toute sa gloire, en Dieu Lui-même, en Son Église, au Ciel et sur la terre et dans l'univers matériel où Son éternelle puissance et Sa divinité se sont rendues visibles.

Quand la lumière de la foi habite en nos coeurs, notre coeur est calme et paisible. Mais quand la lumière s'éteint, notre coeur se trouble, il est mal à l'aise, faible, semblable au roseau agité par le vent, sans vaillance, vacillant !

N'attachons pas d'importance à ces perturbations, elles sont l'oeuvre du perturbateur, du malin. Le signe de la Croix vivifiante dissipera tous les malaises.

Courage mes amis, prions avec foi et confiance.
"Par Ta Croix, Seigneur, sauve Ton peuple, Ton Église, nos frères chrétiens persécutés à cause de Ton Nom, tous les malades, les moines de cette Fraternité de Nîmes et les Fidèles, nos bienfaiteurs, accorde à tous la victoire sur les ennemis spirituels et temporels, bénis Ton héritage et sauve nos âmes, Toi qui es bonté !"
Gloire à Dieu en toutes choses !