mercredi 28 novembre 2012



Ce mercredi 15/28 novembre 2012 débute le
CARÊME DE LA NATIVITÉ DU SEIGNEUR
jusqu'au 24 décembre /06  janvier 2013.

Lectures :  Épître: 1Timothée 1, 18-20, 2: 8-15.
                  Évangile : Luc 15, 1-10.

Résumé de l'Épître:
Mon enfant Timothée, je t'adresse ces recommandations : (...) puissent ces paroles te servir dans le bon combat que tu dois mener : Conserve la Foi et une bonne conscience, car certains, pour n'avoir pas écouté leur conscience, ont conduit au naufrage leur foi. (...)
 En ce qui concerne les hommes, je voudrais qu'en tout lieu ils élèvent, pour la prière, des mains pures, sans colère ni mauvaises intentions. Quant aux femmes, qu'elles prient de la même façon et se vêtent décemment, avec pudeur et modestie. Que leur parure ne soit pas faite de coiffures trop recherchées, de joyaux d'or et de pierreries, de vêtements somptueux: qu'elles se parent plutôt de leurs bonnes oeuvres, comme il sied à des femmes qui font profession de piété. (...) Néanmoins elle trouvera le salut en son rôle maternel, par une sage persévérance dans la Foi, la charité, la sainteté.

ÉVANGILE :
Les pharisiens et les scribes maugréaient : Il accueille les pécheurs et Il mange avec eux.
Jésus dit cette parabole: Quel homme d'entre vous, s'il a cent moutons et qu'il en perd un, ne laisse pas les 99 autres dans le désert pour aller chercher celui qui est perdu?
Lorsqu'il l'a retrouvé, il le met sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il appelle ses amis et ses voisins pour leur dire : "Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé mon mouton,qui était perdu."
De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui change radicalement que pour quatre vingt dix neuf justes qui n'ont pas besoin d'un changement radical. 

Commentaires et réflexions
Selon notre sainte tradition, la préparation aux fêtes de la Nativité de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ s'appelle CARÊME de NOËL, c'est une période de jeûne qui commence 40 jours avant le fête, donc le 15 novembre selon le calendrier des Pères /28 novembre selon le calendrier civil.
Le jeûne, un mot si malmené de nos jours, on jeûne pour tout et pour rien. Ce mot a perdu son sens chrétien. On jeûne pour retrouver "la ligne", pour pouvoir avoir un corps que l'on admire et qu'on espère être admiré par les autres. On jeûne pour protester et faire valoir des droits (devant les tribunaux, les mairie etc.) ... On jeûne pour tout et pour rien.
Mais pour nous chrétiens qu'est-ce que le jeûne ?
Le Christ, lorsqu'Il est tenté par le diable, dit à celui-ci : "Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu." (Matthieu 4, 1-4), ceci en réponse au diable qui lui avait dit "Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains."
Jésus dit encore : "Quand vous jeûnez, ne vous donnez pas un aire sombre, comme font les hypocrites(...) Je vous le dit ils tiennent  déjà leur récompense.(...)" (Matthieu 6, 16-18)
Le Carême qui nous prépare à la Nativité de nos Seigneur, n'est pas un Carême qui aurait moins d'importance, "plus léger", comme certains le pensent. C'est "le Carême".   
Jeûner n'est pas sans danger;  il peut devenir occasion de chute et, plutôt que d'être un moyen de se rapprocher de Dieu, le jeûne peut, à cause de la vanité que nous pouvons tirer de cette pénitence, nous éloigner de Dieu. 
Le temps du jeûne est aussi un temps de tentation : le moment le plus propice  à la rencontre avec Dieu est aussi le moment où le Malin cherche à nous faire chuter, car il sait que c'est un moment où nous avons la possibilité de rejoindre la grâce divine.
Réfléchissons : Si Jésus a tété tenté suite à son jeûne, comment pensons-nous échapper à la tentation ?
C'est logique : Le jeûne, la privation des plaisirs des sens, est accompagné de tentations multiples. La première tentation est de désirer abandonner le jeûne, "ça ne sert à rien, où je n'y arriverait pas ", mais bien d'autres encore.
Pas de jeûne sans prière. Si nous voulons expulser les esprits impurs qui cherchent à s'installer en nous, il faut unir le jeûne à la prière. Il faut se nourrir de Dieu, s'unir à LUI par la prière.
Tout effort ascétique, comme nous l'enseignent les Pères, doit être associé à la prière.
Sainte Marie l'Égyptienne -Pénitente - Église de Nîmes.   
 
Je le disais  précédemment, le jeûne n'est pas un but en soi, comme nous le voyons pratiqué de nos jours  pour toute sorte de raisons qui ne relèvent pas du domaine de la vie spirituelle. Je le redis, le jeûne peut devenir une occasion de chute à cause de la vaine gloire que nous pouvons en tirer. Le jeûne doit être un acte devant Dieu et non devant les hommes. Le jeûne est uniquement une offrande à Dieu, pas aux hommes.

Le Christ, dans l'Évangile, nous rappelle qu'il y a un temps pour jeûner, et un temps pour ne pas jeûner. L'année liturgique orthodoxe est un rappel de la vie de Jésus, de la Mère de Dieu et des saints. Notre Église Orthodoxe indique certains jours et certaines périodes pour le jeûne, quand nous sommes dans l'attente de l'Époux (le Christ), et certaines périodes où le jeûne n'est pas indiqué - quand l'Époux est avec nous, surtout les jours de grandes fêtes liturgiques, le Dimanche, le jour de la Résurrection, du Seigneur. 
Durant le Grand Carême avant Pâques, le jeûne n'est pas total tous les jours, car il est allégé les samedis et dimanches.
Ce qu'il nous faut retenir, le plus important, c'est la nécessité d'unir la prière au jeûne. La prière est une union avec Dieu, elle est une conversation de notre intelligence, de notre coeur, de tout notre être avec Dieu.
Écoutons ce conseil d'Abba Isidore : "Si vous pratiquez régulièrement le jeûne, ne vous gonflez pas d'orgueil, mais si vous vous glorifiez de cela, mangez plutôt de la viande. Il vaut mieux pour l'homme manger de la viande que se gonfler d'orgueil et se glorifier." (Paroles 81, 4)

Le Père Justin Popovitch disait : "L'ascèse personnelle, familiale et paroissiale, en particulier dans la prière et le jeûne, est caractéristique de l'Orthodoxie."

Le temps du Carême est pour nous tous un temps de redécouverte de la vie, de notre Foi, de notre fidélité à nos engagements vis à vis du Christ et de l'Église.
Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi, pécheur.


 L'Église Orthodoxe, en général, donne des directives plutôt que des prescriptions littérales. Elle indique des buts, elle montre des modèles, elle dit à quoi l'on doit tendre; mais elle laisse chaque conscience juge de ce que, en présence d'une tradition devenue règle, l'adaptation aux circonstances personnelles commande ou permet.

Il est déconseillé de jeûner dans certaines circonstances :
* En cas de grossesse ou d'allaitement.
*En cas de maladie.
*Sans prière.
*Selon sa volonté propre, sans le conseil soit de son père spirituel, soit d'un confesseur.

Le jeûne n'est pas un moyen de plaire à Dieu.
Il n'est surtout pas une forme de punition pour nos transgressions, ni une souffrance que l'on s'inflige volontairement comme réparation à nos manquements ou à nos chutes.
Rappelons-nous que le Christ notre Dieu a souffert sur la Croix, pour, une fois pour toute; notre salut, qui est un don totalement gratuit de Dieu, ne dépend pas des mérites de notre faim, de notre soif ou d'une quelconque "macération pénitentielle extraordinaire".
Le jeûne nous aide à maîtriser nos passions.
Nous jeûnons en orientant notre esprit vers Dieu par l'Église ; le jeûne et la prière personnelle et communautaire, vont ensemble.