vendredi 14 décembre 2012

DIMANCHE 3 / 16 DÉCEMBRE 2012
28ème après la Pentecôte.  ton 3.

LECTURES: 
ORTHROS (matines): Luc 24, 36-53.
Divine Liturgie:  
Épître : Colossiens 1, 12-18.
Évangile : Luc18, 35-43.
Carême de la Nativité : Poisson, huile et vin.
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Sermon de saint Jean de Kronstadt.

L'Évangile de ce jour nous relate la guérisons par Jésus Christ d'un aveugle dans la ville de Jéricho.
Cet aveugle avait une grande foi que le Fils de David, comme il appelait Jésus-Christ, le guérirait immanquablement de sa cécité.
Aussi, lorsqu'en réponse à ses appels: Fils de David aie pitié de moi, les passants lui disaient de se taire, il reprenait ce cri avec force.
Le Seigneur s'arrêta et demanda d'amener à Lui l'aveugle, et lorsque celui-ci fut proche Il lui demanda ce qu'il voulait. L'aveugle répondit : Fait que je vois. 
Jésus dit : Vois, ta foi t'a sauvé
Et aussitôt il recouvrit la vue et il Le suivit, louant Dieu.
En voyant cela, le peuple rendit grâce à Dieu.

Par un seul mot : VOIS, le Seigneur Jésus rend la vue à cet homme. L'aveugle est dans la joie. Il a cru sans avoir vu, sa foi l'a sauvé. 

Pourquoi donc les personnes voyantes, les pharisiens et les prêtres, ces savants et dignitaires du peuple juif ne croyaient-ils pas en Jésus-Christ le Messie, le Dieu-Homme, le Sauveur de l'humanité ?
Ils ont bien vu de leur propres yeux les miracles que le Seigneur avait accompli, ils ont entendu Ses Paroles.

Ces questions nous obligent à admettre qu'à côté de la cécité physique, il y a une cécité de l'âme, une cécité anormale, un obscurcissement librement consenti.
Cette cécité volontaire atteint les gens simples, qui se laissent influencer par les évènements du moment, qui ferment les yeux pour ne pas voir, et leurs oreilles pour ne pas entendre la vérité, mais aussi et surtout cette cécité affecte les personnes instruites, dominées par la passion de la connaissance.
Ces personnes ont mis la raison à la place de la foi et de l'Église, une raison à si courte vue, tellement entachée de passions.
Elles croient en la toute puissance et l'omniscience de la raison humaine et ne croient pas en la Parole de Dieu et la combattent même.
Elles rejettent la création du monde, la création de l'homme à l'image de Dieu, l'immortalité de l'âme humaine, la vie après la mort, elles considèrent l'Église comme une institution inutile, reniant son origine divine, ses sacrements, sa hiérarchie.
Il y a ceux qui ont amassé de grandes richesses mais qui n'ont pas appris à s'approprier le Christ. 

Voilà une cécité d'autant plus terrible, que ceux qui en sont atteints ne veulent pas admettre qu'ils sont aveugles et se considèrent comme voyant.

Souvent une telle cécité ne permet aucune guérison, car les aveugles savants sont souvent infestés d'orgueil et n'admettent pas que quelqu'un puisse parler avec plus de justesse qu'eux.
Ils ne peuvent pas arriver à la conviction d'un sage ancien qui disait : Je sais que je ne sais rien.

Il y a une autre forme de cécité que celle de l'orgueil savant : c'est l'animosité et la haine du prochain.
L'Apôtre et évangéliste Jean dit : celui qui hait son frère est dans les ténèbres ; il marche dans les ténèbres, sans savoir où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux. (1 Jean 2, 11).
Cette forme de cécité se trouve à tous les niveaux, dans tous les milieux sociaux. L'homme hait celui qui lui ressemble, il hait sa propre nature, son frère, un membre de l'Église du Christ, affecté par les péchés comme lui à cause de sa faiblesse.

Frères et soeurs, il faut haïr uniquement le péché et aimer son frère et en prendre soin comme de soi-même, partager avec lui les biens terrestres, qui sont donnés par Dieu à tous et non seulement à nous, porter les fardeaux les uns des autres, car ainsi s'accomplie la loi du Christ.  (Galates VI, 2)