jeudi 20 décembre 2012


SAINT AMBROISE DE MILAN

Ce jeudi 7 décembre au calendrier orthodoxe /
20 décembre au calendrier civil.

Nous célébrons la mémoire de 
saint AMBROISE DE MILAN

LECTURES:  Épître : Hébreux 7, 26-8 : 2.
                       Évangile : Jean 10, 9-16.


Vêpres : Lucernaire ton 1 :
Toi qui ornais de tes vertus * le trône du gouverneur, * tu reçus par divine inspiration * à juste titre le trône épiscopal; * sur l'un et l'autre tu as été * le fidèle dispensateur de la grâce de Dieu * et c'est pourquoi, saint Ambroise, * tu obtins la couronne doublement.

TROPAIRE ton 4 : 
La justice de tes oeuvres a fait de toi * pour ton troupeau un règle de foi, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c'est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l'exaltation * et par ta pauvreté la richesse. * Père saint, Pontife Ambroise, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

KONDAKION ton 4 :
Possédant les paroles de vie, * tu abreuves la foi des croyants, * sage Père, et dans la grâce constamment * tu leur fait produire du fruit; * tu submerges les hérésies * et fait jaillir la grâce des guérisons; * de tes flots tu purifies * la souillure des passions, * saint Pontife Ambroise, initiateur des mystères sacrés.

AU SYNAXAIRE:
Cet illustre Père, dont le nom évoque l'immortalité divine, était issu d'une noble famille romaine convertie au christianisme. Il est né à Trèves, en 339, où son père exerçait l'importante charge de préfet du prétoire pour la province des Gaules.
Après la mort de son père, sa mère, avec ses trois enfants en bas âge : Ambroise, Marcelline et Satyre, qui allaient être tous les trois honorés comme saints, retourna à Rome.
À l'issue de ses études de droit, Ambroise fut bientôt désigné par l'empereur Valentinien Ier (375) comme gouverneur de la province de Ligurie-Émilie, ayant pour capital Milan (370).
Le préfet Probus lui dit : Va et gouverne plutôt en évêque qu'en juge, voulant par là l'exhorter à la compassion et à la miséricorde.
À cette époque, malgré de longues années de luttes depuis le Concile de Nicée (325), l'hérésie arienne était encore tenace et divisait cruellement l'Église, surtout en Orient où elle avait trouvé le soutien du nouvel empereur Valens (364-378).
À la mort de l'évêque arien de Milan (373), Auxens, une assemblée se tint dans la cathédrale pour procéder à l'élection du nouvel évêque.
Mais le peuple était très divisé entre les deux partis, orthodoxe et arien, qu'il était impossible de parvenir à un accord.
On fit appel à Ambroise pour intervenir et calmer le tumulte.
Les paroles du gouverneur, sa douceur, sa persua sion, son esprit de paix firent une telle impression que tous les fidèles reprirent soudain d'une seule voix l'exclamation d'un enfant qui s'était écrié : Ambroise évêque.
Surpris, puis effrayé, Ambroise objecta qu'il n'était encore que catéchumène, et il se réfugia dans son palais, suivi par la foule qui répétait sans cesse ce même cri.
La nuit venue, il tenta de s'enfuir à cheval, mais il perdit son chemin et, au petit matin se retrouva à son point de départ.
Il essaya d'échapper à ces honneurs.
Finalement résigné à se soumettre à la volonté de Dieu, ce rhéteur et administrateur de trente cinq ans fut ordonné évêque, hui jours après son baptême, à la satisfaction des deux partis (7 décembre 374).
Dès lors, Ambroise se consacra complètement à son ministère céleste et renonça à tous biens, richesses et plaisirs. Il distribua son argent aux pauvres et fit don de ses vastes propriétés à l'Église.
Il s'engagea avec fougue dans la défense de l'Orthodoxie, à la grande confusion des ariens qui avaient agréé à l'élection de ce magistrat modéré, espérant en faire leur instrument.
L'évêque de Milan se montra pendant vingt cinq ans le champion de l'Orthodoxie en Occident après saint Hilaire.   
Il fit de son siège, qui était devenu depuis 381 la résidence de l'empereur d'Occident, la métropole où se décidaient toutes les questions ecclésiastiques des diocèses d'Italie, de Pannonie, de Dacie et de Macédoine.
Ambroise parvint à s'assurer la confiance de l'empreur d'Occident Gratien (375-383), grâce auquel il put faire réunir le concile de Sirmium (juillet 378) et faire décréter des lois proscrivant l'arianisme.
À la mort de Valens (379), l'empire d'Orient passa aux mains du pieux Théodose, qui avait pour Ambroise une affection pleine de respect.
Profondément orthodoxe, le nouvel empereur fit réunir le Second Concile Oecuménique à Constantinople, en juillet 381, tandis que Gratien, conseillé par Ambroise, convoquait le concile d'Aquilée, qui scella la fin de l'arianisme en Occident.  
Quelques années plus tard, Théodose fit réprimer avec une cruauté inutile une émeute qui s'était déclenchée à Thessalonique, et plus de sept milles personnes furent alors massacrées (390).
La nouvelle parvint à Milan et, lorsque l'empereur en visite dans la métropole italienne se présenta à la porte de la cathédrale pour assister à la Divine Liturgie, le saint évêque, interprète du courroux divin, ne craignit pas de lui en  interdire l'entrée et de l'excommunier pendant plus de huit mois.
Respectueux envers la discipline de l'Église, le souverain, devant lequel tremblait l'univers, se retira en pleurant dans son palais et se soumis avec humilité à la pénitence publique.
Le jour de la Nativité, le souverain se présenta à l'église, se prosterna jusqu'à terre aux pieds d'Ambroise, baignant le sol de ses larmes et suppliant d'être à nouveau jugé digne de la participation aux Saints Mystères.
Après avoir obtenu le pardon de l'évêque, il pénétra au moment de la communion, dans le sanctuaire pour communier avec les clercs, comme c'était la coutume à Constantinople.
Mais l'évêque Ambroise se tourna vers lui et l'humilia publiquement une nouvelle fois en le repoussant par ces paroles : "Sors d'ici et demeure à ta place parmi les laïcs, car la pourpre n'institue pas des prêtres, mais des empereurs."
Sans répliquer, Théodose, humblement, se retira alors et se rangea parmi les pénitents, tant son respect pour Ambroise était grand.
De retour à Constantinople, jamais plus il n'osa pénétrer dans le sanctuaire pour communier. (Théodret de Cyr : Hist. ecclés. V, 18, 1-19)


 Malgré ses multiples activés, saint Ambroise trouva le temps de composer de nombreux ouvrages exégétiques et moraux, qui contribuèrent grandement à la diffusion de la doctrine des Pères grecs.
Outre ses oeuvres écrites, Ambroise enrichit l'Église par de magnifiques hymnes liturgiques.
Saint Ambroise s'endormit dans la paix du Christ, à l'aube du Samedi Saint, le 4 avril 397, deux ans après son impérial ami et disciple Théodose, dont il avait prononcé l'éloge funèbre.
Son corps repose encore aujourd'hui dans la basilique de Milan.
  
Par les prières de saint Ambroise de Milan,
Seigneur Jésus Christ, aie pitié de nous.