vendredi 21 décembre 2012

Samedi 9 décembre au calendrier des Saints Pères Orthodoxes
27 décembre au calendrier civil
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Nous célébrons
LA CONCEPTION par sainte ANNE de la MÈRE de DIEU
 
LECTURES :
ÉPÎTRE : Galates : 4, 22-31.
ÉVANGILE : Luc 8, 16-21.

TROPAIRE ton 4 : 
 En ce jour sont brisées les chaînes de la stérilité, * car Dieu exauce la prière d'Anne et Joachim: * Il leur promet clairement la naissance inespérée * de la divine enfant qui doit à son tour * enfanter l'Infini dans la chair des mortels, * celui même qui ordonne à l'Ange de lui crier: *Réjouis-toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.
KONDAKION ton 4:
L'univers célèbre en ce jour * la Conception d'Anne survenue par divine volonté: * elle conçoit en effet * celle qui à son tour concevra * de manière ineffable le Verbe de Dieu.

 
Selon le dessein éternel de Dieu, qui voulait se préparer une demeure très pure pour s'incarner et résider parmi les hommes, Joachim et Anne avaient été empêchés d'engendrer une progéniture. Parvenus tous deux à un âge avancé et restés stériles, comme la nature humaine courbée et desséchée sous le poids du péché et de la mort, ils ne cessaient cependant de supplier Dieu de les délivrer de leur opprobre. Or, le temps de la préparation voulue par le Seigneur étant accompli, Il envoya un Ange (Gabriel) à Joachim, retiré sur une montagne, et à Anne, pleurant son malheur dans son jardin, pour leur annoncer qu'allaient bientôt s'accomplir par eux les prophéties de jadis, et qu'une enfant leur naîtrait, destinée à devenir la véritable Arche de la nouvelle Alliance, l'Echelle divine, le Buisson non consumé, la Montagne non entaillée, le Temple vivant où allait habiter le Verbe de Dieu. En ce jour, par la conception de Sainte Anne, c'est la stérilité de toute la nature humaine, séparée de Dieu par la mort, qui prend fin, et par l'enfantement surnaturel de celle qui était restée stérile jusqu'à l'âge où les femmes ne peuvent plus porter de fruit, Dieu annonçait et confirmait le miracle plus étonnant de la conception sans semence et de l'enfantement immaculé du Christ dans le sein de la Très Sainte Vierge et Mère de Dieu.

Bien qu'elle fut née par une intervention miraculeuse de Dieu, la Sainte Vierge Marie fut cependant conçue par l'union de l'homme et de la femme, selon les lois de notre nature humaine déchue et soumise à la mort et à la corruption depuis la faute d'Adam (voir Génèse 3:16)1. Vase d'élection, Écrin précieux.préparé par Dieu depuis l'origine des siècles, elle est certes la représentante la plus pure et la plus parfaite de l'humanité, mais elle n'a pas été toutefois mise à part de notre héritage commun et des conséquences du péché de nos premiers parents2. Tout comme il convenait que le Christ, en son Incarnation, se rendît semblable aux hommes en tout hormis le péché, afin de les délivrer de la mort par sa mort volontaire (cf. Hébreux 2:14), de même il fallait que Sa Mère, dans le sein de laquelle le Verbe de Dieu allait s'unir à la nature humaine, fût en tout point semblable à nous, soumise à la mort et à la corruption, de peur que le Salut et la Rédemption ne nous concernent pas pleinement, nous tous fils d'Adam. La Mère de Dieu a été élue et choisie entre toutes les femmes, non pas de manière arbitraire, mais parce que Dieu vit à l'avance qu'elle saurait préserver et garder parfaitement sa pureté pour être digne de Le recevoir3. Conçue et née comme nous tous, elle a été digne de devenir la Mère du Fils de Dieu et notre mère à tous. Tendre et compatissante, elle peut ainsi intercéder pour nous devant son Fils, pour qu'Il nous prenne en pitié.

Tout comme le Seigneur Jésus-Christ fut le fruit de sa virginité, la Sainte Mère de Dieu fut quant à elle le fruit de la chasteté de Joachim et Anne. Et c'est en suivant cette voie de la pureté que nous aussi, moines et chastes couples chrétiens, feront naître et grandir en nous le Christ Sauveur.

1. Voir ce récit plus développé à la notice de la Nativité de la Mère de Dieu (8 septembre)
2. l'Église Orthodoxe rejette le dogme de l'«immaculée Conception», récemment proclamé par l'Église Romaine (en 1858), sans pour autant rabaisser la dignité de la Mère de Dieu. Pour les Pères, en effet, l'héritage d'Adam ne consiste pas en une responsabilité personnelle de tous les hommes à l'égard du péché originel, mais simplement dans l'héritage des conséquences de ce péché: la mort, la corruption et les passions (y compris la reproduction par l'union charnelle). C'est pourquoi les Orthodoxes n'ont aucune difficulté à reconnaître que la Mère de Dieu était héritière comme nous tous des conséquences de la faute d'Adam (seul le Christ en fut exempt), mais qu'elle était pourtant pure et sans péché (personnel), car elle s'est librement gardée de tout attrait pour le monde et pour les passions, et elle a volontairement coopéré au dessein de Dieu en obéissant avec docilité à Sa volonté (« Voici la servante du Seigneur- qu'il m'arrive selon ta parole», répondit-elle à l'Ange. Luc 1:38).
3. C'est le sens de la Fête du 21 novembre.