jeudi 24 janvier 2013

Jeudi 11 / 24 janvier 2013

SAINT THÉODOSE LE GRAND, 
LE CÉNOBIARQUE

TROPAIRE  ton 8 :
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cents fois plus,* par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: * vénérable Père Théodose, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

KONDAKION ton 8 :
Planté dans les parvis de ton Seigneur, * tu fis croître les agréables fleurs de tes brillantes vertus * et tu multiplias le nombre de tes enfants dans le désert, * les abreuvant aux flots de tes larmes, pasteur des divines bergeries; * c'est pourquoi nous te chantons : Réjouis-toi, Père Théodose.

Lectures : Épître : 2 Corinthiens 4, 6-15.
Évangile : Matthieu 11, 27-30.
 SA VIE
Saint Théodose, chef et pilote de ceux qui menaient la vie communautaire en Palestine (cénobiarque - chef des cénobites)  est né vers 423 dans le village de Garissos en Cappadoce, de parents pieux, qui lui inspièrent l'amour des saintes vertus et de l'application aux Saintes Écritures.
Il est devenu lecteur dès son jeune âge. Il aimait à méditer les Écritures.
Passant dans la région d'Antioche, il alla prendre la bénédiction de l'illustre saint Syméon le Stylite. Le vieillard le salua de loin en disant : Théodose, homme de Dieu, sois le bienvenu. Il le fit monter en haut de sa colonne, l'embrassa tendrement et lui prédit qu'il deviendrait le pasteur d'un immense troupeau de brebis spirituelles.
Parvenu à Jérusalem, après avoir vénéré les Lieux Saints. Théodose se demanda comment il pourrait commencer dans la vie monastique. Il désirait mener la vie des moines, mais, averti des dangers d'entrter dans la lutte contre les ennemis invisibles sans avoir été préalablement exercé au combat auprès de Frères expérimentés, il se mit à la recherche d'un guide et le trouva en la personne d'un vieillard originaire de Cappadoce, nommé Longin, qui brillait de toutes sortes de vertus parmi les moines consacrés au service de la basilique de la Résurrection (les spoudaioi).
Une fois instruit à l'exercice de l'obéissance, à ne faire que la volonté de Dieu et à discerner avec science le bien et le mal, il s'installa dans une église située sur le chemin de Bethléem.
Tendu avec ardeur vers le ciel et oubliant tout ce qui est sur terre, Théodose y purifiait son âme par la mortification sans relâche des plaisirs de la chair, par la station debout durant toute la nuit, soutenu par des cordes qu'il avait suspendues au plafond, par la psalmodie et la prière incessante.
La renommée de ses combats et de la vie divine qui brillait en lui attirèrent attirèrent vers la grotte de nombreux moines. Il n'en reçu d'abord que six, puis douze, et enfin accepta tous ceux que Dieu lui envoyait.
Il leur enseignait à tenir toujours devant les yeux la pensée de la mort, comme fondement de la vie en Christ, à ne pas se préoccuper de leur avenir, mais à s'abandonner au Christ qui est bien le seul avenir du moine et du chrétien. Il fit creuser un vaste sépulcre et dit : " Voici votre tombeau, qui de vous veut l'inaugurer ?"
Un moine nommé Basile, tomba à genoux et demanda au saint sa bénédiction pour partir le premier vers le Seigneur.
On dit les Offices des défunts, sitôt venu la fin de l'office du 40ème jour, le moine Basile expira.
Une veille de Pâques, les Moines, manquant de toute nourriture et même de pain pour célébrer la Divine Liturgie, Théodose recueillit en lui-même dans un endroit isolé, leur recommanda de ne mettre leur espérance qu'en Dieu. De fait, la nuit venue, deux mulets arrivèrent à la porte du monastère chargés de provisions qui durèrent jusqu'à la Pentecôte.
La grotte devint vite trop étroite pour le nombre grandissant de moines.
Ses amis le pressaient de construire un grand monastère. Il hésitait craignant de perdre les fruits de la simplicité.
Théodose parvint à la conclusion qu'avec l'aide de Dieu, il pourrait garder son âme dans une paix sereine, tout en menant ses Frères sur la voie du salut.
Il prit un encensoir, l'emplit de charbon, et s'avança droit devant lui, en priant Dieu d'allumer Lui-même le charbon lorsqu'il parviendrait à l'endroit pour construire le monastère.
Le Seigneur accorda ce signe à son serviteur dans un lieu situé à 7 kms de Bethléem.
Sur ce lieu furent construits de vastes bâtiments monastiques, cellules des moines, ateliers et tout ce qui est nécessaire à la vie d'une communauté. On y construit une hôtellerie pour les visiteurs, un lieu pour recevoir les pauvres et les indigents, un hôpital pour les malades, un hospice pour les moines âgés et un asile pour les aliénés. Théodose soignait lui-même les plaies les plus répugnantes.
Les indigents accouraient en si grand nombre au monastère, qu'on allait jusqu'à dresser la table cent fois par jour.
Pour subvenir à de tels besoins, Dieu intervenait fréquemment par des miracles et multipliait le pain et les vivres.
La communauté arriva jusqu'à plus de 400 moines de nationalités différentes.
On avait fait construire 4 églises dans le monastère : une où on célébrait l'office en grec, l'autre en syriaque, une autre en arménien et la quatrième était réservée aux aliénés et aux possédés.
Sept fois par jour les hymnes s'élevaient vers Dieu.
En 513, l'Église était troublée par l'empereur Anastase, qui avait pris la défense des monophysites, ennemis du Concile de Chalcédoine. Il déposa le patriarche de Jérusalem Élie, lui substitua un hérétique, et tenta d'attirer à lui tous les moines éminents de Palestine, en particuliers saint Sabas et saint Théodose.
Si par humilité, saint Théodose se laissait vaincre et contrarier en toute chose, il se montrait toutefois intraitable en ce qui concerne Dieu et les saints dogmes de l'Église.
Il rassembla tous les habitants des déserts, leur déclara que le temps était venu pour le "doux de se changer en guerrier" (Joël 3, 11), et il écrivit au souverain une lettre, où il annonçait la ferme décision des Moines de rester fidèle jusqu'au sang à la doctrine des saints Conciles Oecuméniques.
L'empereur Anastase relâcha pour un peu de temps ses persécutions, mais les repris bientôt de plus belle.
 Théodose se rendit à la basilique de la Résurrection et, du haut de l'ambon, s'écria: 
"Si quelqu'un refuse d'accepter les quatre saints Conciles au même titre que les quatre Saints Évangiles, qu'il soit anathème."
Puis, à la tête d'une armée de moines, il parcourut la ville en confirmant le peuple dans la foi par sa parole et ses miracles.
Envoyé en exil sur ordre de l'empereur, il put regagner son monastère, deux ans plus tard, lors de l'avènement de Justin 1er, favorable à l'Orthodoxie (518).
Théodose montait sans cesse vers Dieu, en s'enfonçant dans l'abîme de l'humilité. Voyant deux de ses disciples se disputer, il se jeta à leurs pieds et refusa de se relever tant qu'ils ne furent pas réconciliés.
Une autre fois, comme il avait interdit la communion à un moine responsable d'une faute grave, ce moine répliqua en faisant la même défense au Père Théodose. Théodose obéit, et ne se présenta à la communion que lorsque le moione se fût rétracté.
Affligé d'une longue et douloureuse maladie, il supportait tout avec action de grâce.
Il ne cessait pas d'exhorter ses moines à la persévérance dans les épreuves.
Après avoir rassemblé ses Frères, il les bénit et remit son âme à Dieu. Il était âgé de 105 ans (529).

De toutes les vertus de saint Théodose, certaines plus particulièrement furent retenues comme un héritage vivant : Une foi inébranlable, la miséricorde envers tous et particulièrement les malades et les pauvres, la prière et l'amour  et la louange de Dieu. 

Par les prières de saint Théodose,
Seigneur Jésus Christ,
aie pitié de nous.