mercredi 10 avril 2013

MÉDITATION


La prière élargit le coeur de l'homme, et sa conscience aux dimensions du cosmos.

Aimer de l'amour du Christ, c'est inclure dans sa vie personnelle la vie des hommes, c'est prendre sur soi le mal du monde comme son propre mal.
"Prier pour les hommes, c'est verser son sang"
(Saint Silouane)
Une telle prière ne va pas de soi.
Don de l'Esprit, elle suppose un repentir parfait.
 
Rien ni personne ne peut priver l'homme de sa liberté de céder au mal, de préférer les ténèbres à la lumière.
les hommes construisent eux-mêmes leur enfer. Et le pire enfer, le plus grand péché que l'homme puisse commettre, c'est la guerre.
Contre cette malédiction que peut le chrétien ?

En ce siècle où les fanatismes de tous ordres : religieux, nationalistes, ethniques, ensanglantent les terres de l'ancienne Chrétienté (ex-Yougoslavie, Syrie, Égypte...), souvenons-nous du message de saint Silouane et du Père Sophrony :
"Je ne connais pas de Christ grec, russe, anglais, arabe" dit le père Sophrony.
Le Christ pour moi, est tout, l'Être supracosmique.
Dès que nous limitons la personne du Christ, en l'abaissant au plan des nationalités, nous perdons tout et tombons dans les ténèbres."

Ensuite l'amour des ennemis.
Ce commandement du Christ est ni plus ni moins que la pierre angulaire de l'Évangile.
C'est le seul remède à tous les maux, le critère ultime et indépassable de la vraie foi, de la véritable communion avec Dieu, de la vérité dans l'Église
Qui a la force de l'amour pour les ennemis connaît le Christ en esprit et en vérité. Qui n'a pas encore cet amour, est encore prisonnier de la mort, n'est pas encore "orthodoxe", c'est-à-dire ne connaît pas encore Dieu tel qu'IL est. 

Concrètement, à quoi reconnaît-on l'amour des ennemis ?
Au fait que l'on préfère être tué que de tuer.
"Il ne faut pas tuer nos ennemis, mais les vaincre par l'amour. Se souvenir que le mal absolu n'existe pas, que seul est absolu le BIEN sans origine"
Le commandement de ne pas résister au méchant (Matthieu 5, 39) est la forme la plus efficace de la lutte contre le mal. (Père Sophrony)
 Lutter par la force, c'est substituer une violence à une autre.
   L'ESPRIT Divin, Donateur de vie, nous visite lorsque nous demeurons dans l'état d'une humble disponibilité à son égard.
Il ne fait pas violence à notre liberté.
Il nous entoure délicatement de SA chaleur.
Il s'approche de nous si discrètement que nous ne pouvons même pas LE remarquer tout de suite.
Il ne faut pas s'attendre à ce que Dieu fasse irruption en nous par la force, sans notre consentement.
Non ! Il respecte l'homme, s'humilie devant lui.
SON amour est humble.
Quand nous LUI ouvrons notre coeur, nous avons l'irrésistible sentiment qu'IL nous est familier, et l'âme se prosterne devant LUI dans une humble émotion d'amour.

L'humilité du CHRIST est une force qui triomphe de tout.
L'humilité est un attribut du Dieu d'Amour qui, dans son ouverture à l'égard de la créature, accepte avec douceur toutes les blessures de la part de ceux qu'Il a créés.
 Lorsqu'un homme prie avec intensité, le contenu de sa vie ressemble à un océan illimité d'eau vive.

Par le Christ je suis conduit dans la sphère de l'amour divin inconditionnel et immuable.
Le christianisme est le plus riche des trésors, susceptible de satisfaire toute âme, quelle qu'elle soit.

Nous ne devons pas attendre que Dieu s'impose à nous sans notre consentement.
Dieu respecte l'homme, Il ne le contraint pas.

Dieu est si humble, Il s'humilie devant nous.
Il nous aime d'un amour tendre, sans distance, sans distance hautaine ni condescendance.

Saint Grégoire le Sinaïte va jusqu'à dire que la prière est Dieu Lui-même agissant en nous.

"Viens et prie Toi-même en moi", fut, au siècle dernier l'appel constant du métropolite Philarète de Moscou.

La Foi donatrice de vie consiste à croire sans le moindre doute que le CHRIST est DIEU. 
( Archimandrite Sophony - La prière expérience de l'éternité- Cerf)

PRIÈRE
Je n'ai de vie, de lumière, de joie,
de sagesse ou de force qu'en Toi seul, ô Dieu.
Je n'ose lever les yeux vers Toi à cause de mon iniquité. (...)
Bénis ce jour que Tu m'accorde,
à moi ton indigne serviteur.
Par la puissance de Ta bénédiction,
rends-moi capable, en tout temps et en tout lieu,
de parler et d'agir pour Ta gloire avec un esprit pur, avec humilité, patience et amour,
avec douceur, paix, courage et sagesse,
et être toujours conscient de Ta présence.

Dans Ton immense bonté, Seigneur,
montre-moi le chemin de Ta volonté,
et accorde-moi de marcher sans péché sous Ton regard.

Seigneur, Toi qui sondes les coeurs,
Tu sais ce dont j'ai besoin.

Tu connais mon aveuglement et mon ignorance,
Tu vois mon infidélité et mon égarement;
mais Tu connais aussi mon désir, les douleurs de mon coeur et les souffrances de mon âme.

C'est pourquoi, je T'en supplie, écoute ma prière,
et par Ton Saint Esprit enseigne-moi la voie sur laquelle je dois marcher. (...)

Oui, Seigneur, je T'implore, aie pitié de moi.
Épargne-moi dans mon affliction et dans ma détresse,
et ne me cache pas le chemin du salut. (...)

Oui, Seigneur, par Ton Saint Esprit, 
apprends-moi la bonté,
la rectitude de la vie et la connaissance ;
donne-moi de connaître TA vérité
avant que je descende dans la tombe.
Prolonge ma vie dans ce monde
jusqu'à ce que je T'offre un vrai repentir.
Ne m'arrache pas au milieu de mes jours,
ni aussi longtemps que mon esprit restera
encore aveugle.
Et quand il TE plaira
de mettre un terme à ma vie,
préviens-moi de l'heure de ma mort
pour que je puisse préparer mon âme
à TE rencontrer.
En cette heure redoutable, sois avec moi, Seigneur,
et accorde-moi la joie de Ton salut.

Oui, Seigneur, dans TA grande miséricorde
et Ton immense amour des hommes,
exauce ma prière.
Amin, Amin, Amin !
(Archimandrite Sophrony - Sa vie est la mienne - cerf - Patrimoines orthodoxie)  
Église monastique de Nîmes.