mercredi 17 avril 2013

MERCREDI 4/17 AVRIL

GRAND CANON de SAINT ANDRÉ de CRÈTE
Lu en soirée aux Matines (orthros) du Jeudi.

Lectures : Sexte : Isaïe 41, 4-14.

                  Vêpres : Genèse 17, 1-9.
                                  Proverbes : 15, 20-34.
                                                       16, 3-9.
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   Saint Séraphim de Sarov, l'un des trois Protecteurs de notre église de Nîmes.
avec saint Nectaire d''Égine et saint Vladimir de Kiev.
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MÉDIDATION

Orthros du mercredi, canon, ton 8, 3ème Ode, Théotokion:
Toi, salvatrice Porte, Pont qui mène vers Dieu, Protectrice des Chrétiens, très Pure Souveraine, ô Vierge dirige-moi qui suis entouré par les malheurs de la vie et balloté par leurs vagues.

Id. 2ème canon, 9ème ode, 2ème Tropaire ton 2:
Par l'arbre je suis mort, par l'Arbre de la Croix j'ai retrouvé la vie, car mon Christ ayant été cloué sur lui, a mis à mort mon ennemi.

LECTURE : Proverbes XV. 20 - XVI, 9. 
Le fils  sage réjouira son père;
le fils insensé se moque de sa mère.
Les voies de l'insensé manquent de sagesse;
l'homme prident va droit son chemin.
Le méchant n'obéit pas à la raison;
il ne dira rien qui soit à propos et utile au bien public.
Les pensées du sage conduisent à la vie;
par elles il se détourne de l'enfer.
Le Seigneur abat les maisons des superbes;
Il affermit l'héritage de la veuve.Dieu s'éloigne des méchants;
Il exaucera les voeux des justes.
Mieux vaut petite récolte avec justice,
que grande abondance avec l'iniquité.
Tout homme au coeur hautain est impur devant Dieu;
celui qui, ayant une pensée injuste, met sa main dans la main d'autrui,
ne sera pas innocent pour cela.
Celui qui cherche le Seigneur trouvera la science et la justice;
ceux qui Le cherchent avec droiture trouveront la paix.
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   Le JUGEMENT.

Quelles peuvent donc être les joies et les consolations de l'existence d'une moine consciencieux qui a prononcé des voeux de renoncer "au monde" ?
Car le monde est partout. Il s'impose à l'homme même dans la plus stricte des Communautés, il le poursuit dans le désert dépeuplé.
Le "monde" n'est pas tant un ensemble d'éléments extérieurs qui suscitent nos sentiments et nos passions que les tendances internes à répondre aux incitations que nous portons en nous-mêmes.
Nous portons en nous nos passions, et en faisant le voeu de renoncement, le moine fait la promesse de combattre à toute heure, son "monde" intérieur.
Mais comment lui échapper ?
Ce monde que nous portons dans le tréfonds de nos âmes poursuit même les anachorètes dans les plus dépeuplés des déserts.
Les grands maîtres de la vie monastique conseillent à très peu de disciples de s'isoler totalement des autres.

Un amour-propre démesuré, un ressentiment permanent à l'égard des autres, une affreuse mélancolie, des rêves de volupté tourmentent certains moines qui s'éloignent des autres sous des prétextes divers, il y a là une grave erreur.
 
Chaque moine doit être conscient que les heurts, les offenses fréquentes de la part de la confrérie (et même de très bons moines) sont inévitables et même salvateurs pour l'âme. 
L'offenseur est coupable, admettons-le, mais l'offensé en tire bénéfice.
L'idéal ici est que chacun se considère toujours comme étant dans l'erreur et pécheur à chaque instant .

Même les offenses et les échecs peuvent être source de joies particulières.
Méditation:
LE SENS DES ÉPREUVES
C'est un sujet qui revient toujours lors d'un entretien.
Pourquoi Dieu permet-Il tant de malheurs, de souffrances, de douleurs etc.?
Qu'est-ce donc que tout cela ?
Ce sont les épreuves de l'existence que l'on doit accepter avec actions de grâce, si l'on veut offrir des fruits spirituels à Celui qui cultive les esprits.

Prenons l'exemple du pépiniériste : s'il protège trop les jeunes plans des aléas du temps, en les couvrant, en ne les laissant pas exposés au froid ou à la chaleur, il n'aurait guère de bonne récolte malgré sa peine. Les jeunes plans ont besoin des intempéries des saisons. Alors au printemps, les jeunes arbustes bourgeonnent, fleurissent et donnent le meilleur d'eux-mêmes. 

De même, celui qui n'aurait pas porter, avec courage, le poids écrasant des afflictions, ne pourra apporter au pressoir de Dieu des fruits dignes d'être serrés dans le grenier éternel, même s'il a acquis toutes les vertus.

C'est par la patience dans les douleurs volontaires et involontaires, les unes venant de l'extérieur, les autres de l'intérieur, que l'homme se parfait.

Sans la patience dans les épreuves, toute forme d'ascèse y compris le jeûne, ne pourra nous obtenir de bénédiction divine.

Notre amour pour Dieu, ne se prouve pas uniquement dans les moments de joie et de paix, mais aussi à travers l'affliction inhérente aux épreuves.


Souvenons-nous des Béatitudes : 
"Bienheureux les affligés, car ils seront consolés" (Matthieu 5, 4)
L'affliction accompagne toujours la pauvreté, nous le constatons au quotidien.
La tristesse due à la pauvreté, selon le monde, produit la mort de l'âme dit l'Apôtre, tandis que la tristesse qui vient de la pauvreté en Dieu "produit une pénitence dont on ne se repend jamais pour le salut de l'âme". ( 2 Corinthiens 7, 10)

De la pauvreté involontaire, indépendante de notre volonté, viennent la tristesse, la colère, l'affliction, également involontaires.

De la pauvreté volontaire, librement consentie, vient l'affliction volontaire, elle aussi librement consentie. L'affliction appelé ici "bienheureuse" est liée à la pauvreté selon Dieu : en elle, elle a sa cause, et d'elle, elle dépend ; elle tient d'être spirituelle et voulue.

Il y a quatre sortes de pauvreté spirituelles:
1- La pauvreté de l'esprit.
2- La pauvreté du corps.
3- La pauvreté dans les biens temporels.
4- La pauvreté dans les épreuves qui frappent de l'extérieur.

Ne pensons pas en lisant cette énumération, que la pauvreté selon Dieu est divisée en son essence et en son application. Non, il y a unité profonde de ces diverses formes enfermées dans une seule Béatitude.

Il y a donc quatre formes de pauvreté spirituelle, chacune d'elle engendre l'affliction correspondante et la consolation qui l'accompagne.

De la pauvreté du corps, volontairement humilié par la faim et la soif, la veille, la fatigue, la souffrance, vient l'affliction et jaillissent les larmes.

Le relâchement, la mollesse du corps engendre souvent l'insensibilité et l'endurcissement du coeur.

L'âme délivrée de l'amertume du péché, par la contrition, reçoit, en retour, le contentement spirituel, cette consolation par laquelle le Seigneur proclame "Bienheureux" les affligés. (Matthieu 5, 4)

La pauvreté matérielle est unie à la pauvreté de l'esprit. La pauvreté matérielle n'est agréable à Dieu qu'unie à la pauvreté de l'esprit.
 
Moine ayant quitté le monde.

Quand l'homme quitte le monde, abandonnant terre et argent, ou en le distribuant ou le donnant, selon le commandement du Seigneur (Luc 14, 33), il se libère de tous les soucis inhérents à ces biens ; son âme revient à elle-même libre de tous les tracas extérieurs.

Alors Dieu donne le don de la paix des pensées, qui va être comme le vase qui contiendra d'autres dons.

Avec la paix des pensées, Dieu donne aussi, au début, l'humilité qui engendre, coordonne et parfait toutes les vertus, qui est un fruit dont témoigne l'Esprit Bon et Divin qui la crée et la renouvelle dans nos entrailles. (Psaume 50, 12)

Dans la paix et l'humilité se trouve le paradis spirituel, où poussent toutes sortent d'arbres de la vraie vertu ; au milieu de ce paradis s'élèvent les palais sacrés de l'amour et dans ses propylées fleurit la joie ineffable que personne ne peut nous ravir.
(Saint Grégoire Palamas - Lettre à Xénie la Moniale - Lumière du Thabor. Éd. Âge d'Homme).