mardi 28 mai 2013

Le 15 du mois de Mai (calendrier orthodoxe), nous célébrons la mémoire de notre Vénérable Père PACÔME le GRAND

 Saint Pacôme


Lectures pour la fête de saint Pacôme :

Épître : 2 Corinthiens 4, 6-15.

Évangile : Luc 14, 25-35.

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TROPAIRE  ton 5 :
Toi le chef des troupeaux du suprême Pasteur, * Père Pacôme, tu guidas * une multitude de moines vers le bercail céleste, * tout d'abord initié aux habitudes * qui conviennent aux ascètes, * puis y formant tes disciples à ton tour ; * tu jubiles désormais avec eux * et partages l'exultation des parvis célestes.

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SYNAXAIRE
(Vies des Saints de l'Église Orthodoxe)

Notre bienheureux  Père Pacôme ou Pachôme est né de parents païens, vers l'an 292.
Dès son enfance il ressentit un vif dégoût à l'égard du culte idolâtre et montra un penchant naturel pour le bien.
Enrôlé de force dans l'armée lors de la campagne de Maximin-Daïa contre Licinius (312), il fut ému par l'attitude charitable des Chrétiens de Thèbes envers les conscrits que l'on traînait sans ménagement vers leur garnison comme des prisonniers.
Aussitôt libéré, il fut baptisé au village de Schenesèt et, la nuit suivante, il vit une rosée descendre du ciel et se répandre sur sa tête, puis elle se condensa dans sa main droite et devint du miel qui s'écoula sur toute la terre.
Il commença aussitôt à mener une vie ascétique, en guidant selon sa conscience, et à servir les habitants du lieu, surtout lors d'une épidémie de peste.
Au bout de trois ans, incommodé par la fréquentation des séculiers et mû par un violent amour pour Dieu seul, il devint disciple d'un saint vieillard, rude et austère, qui vivait en reclus au dehors du village : saint Palamon que nous célébrons le 12 août.
Après l'avoir rudement éprouvé, celui-ci le revêtit de l'Habit Monastique et lui enseigna à veiller comme il le faisait lui-même, la moitié de la nuit, et souvent la nuit entière.
Pour subvenir à leurs besoins, et surtout au besoin des pauvres, les Moines tressaient des objets en fil, en poil ou en fibre de palmier, et travaillaient même pendant la nuit en récitant des prières.

Pacôme supportait non seulement de bon gré la rigoureuse discipline du vieillard, mais s'appliquait surtout à garder son coeur pur par une stricte vigilance sur ses pensées, dépensant toutes les ressources de son esprit à apprendre par coeur les paroles de Dieu afin de les faire siennes.

Il s'éloignait dans le désert pour prier ou se tenir debout, la nuit entière, en tendant les mains vers le ciel.
Pendant ces prières nocturnes les démons s'acharnaient contre lui et l'attaquaient ouvertement.
 À Tabennêsis, sur la rive nord-est du Nil, il entendit une voix céleste lui ordonner d'y rester pour y fonder un monastère. Pacôme s'y installa. Son frère aîné, Jean, vînt le rejoindre.

Mettant tout en commun, ils vivaient dans une grande pauvreté et distribuaient aux pauvres le fruit de leur travail, en ne gardant que le strict nécessaire pour vivre.

Un jour un Ange de Dieu apparut à Pacôme pendant sa vigile et lui dit à trois reprises : "Pacôme, la volonté de Dieu est que tu serves la race des hommes, pour les réconcilier avec Lui."
Dès lors des moines ,des villages environnants se rassemblèrent autour de lui pour mener ensemble la vie anachorétique : chacun vivait séparément, comme il l'entendait, et fournissait sa part pour les besoins matériels de la Communauté.
Pacôme se mettait humblement à leur service, préparait la nourriture qu'ils désiraient, recevait les hôtes et servait les frères quant ils étaient souffrants, alors qu'il se contentait pour lui-même de pain et de sel en tout temps.
Ces hommes rudes ne lui montraient cependant aucun respect, ils méprisaient son humilité et se moquaient de lui. Pacôme prit patience pendant cinq ans, jusqu'au jour où, après avoir reçu l'ordre de Dieu au cours d'une nuit de prière, il leur imposa une règle de vie commune et chassa avec autorité tous ceux qui ne voulaient pas s'y conformer.
De nouveaux candidats à la vie monastique s'étant présentés, Pacôme, après les avoir éprouvés, leur imposa de vivre " selon les Écritures", en mettant tout en commun, dans une parfaite égalité, à l'imitation de la communauté apostolique.
Se mettant à leur service comme auparavant, il leur enseignait à porter leur croix pour suivre le Christ et à n'avoir d'autre souci que de repasser dans leur esprit les paroles du Seigneur.
On rapporte qu'un Ange, vêtu en moine, lui montra le modèle de leur habit et lui remit une tablette sur laquelle était inscrite la règles de la communauté.
Ils devaient vivre dans des cellules séparées, regroupées en "maisons", selon leurs affinités ou leurs occupations, et se réunir trois fois par jour pour adresser à Dieu douze groupes de Psaumes et de prières.

Lorsque les frères atteignirent le nombre de cent, Pacôme leur bâtit une église dans le monastère; et, le dimanche, il invitait un prêtre du village à venir célébrer la Divine Liturgie, car il refusait qu'aucun des moines ne soit ordonné prêtre, de crainte que la vaine gloire et la jalousie ne viennent rompre leur belle harmonie;
Saint Athanase, archevêque d'Alexandrie, rendit visite au monastère de Tabennêsis (329), mais Pacôme, ayant appris qu'on voulait l'ordonner prêtre, se cacha jusqu'au départ de l'archevêque.

La soeur de Pacôme, Marie, étant venue le rejoindre, le saint lui fit construire un monastère, dans le village, où de nombreuses soeurs se rassemblèrent pour y mener une vie toute semblable à celle des moines.

Le saint recevait avec circonspection les candidats qui se présentaient et n'acceptait qu'un petit nombre de ceux qui avaient mené une vie de débauché ou qui avaient un caractère revêche et désobéissant ou insoumis, de peur qu'ils n'entrainent les autres frères dans leur perdition.
Lorsqu'il trouvait des moines rétifs ou désobéissants, il essayait de les corriger et priait pour eux, afin qu'ils se repentent et apprennent le mystère de la vie monastique et la paix que l'on tire de l'obéissance.
Mais si ces moines persistaient à contredire, il les renvoyait de la communauté, pour ne pas empêcher les autres Frères de croître dans l'amour de Dieu.
Pacôme, par la grâce de Dieu, devinait les fautes et les pensées perverses des Frères, et il savait les guérir avant qu'ils ne commettent le péché. Pacôme s'en remettait en toute chose à la volonté de Dieu, abandonné aux Mains du Seigneur.
Il enseignait que supérieures aux guérisons corporelles sont les guérisons spirituelles des âmes qui, de l'erreur ou de la négligence, parviennent à la connaissance du vrai Dieu et au repentir.
Il enseignait aux malades par son exemple à supporter avec patience et actions de grâces leurs maux,  afin de remporter une double couronne : celle de l'ascèse et de la patience dans les épreuves.

Pendant une famine, l'homme de Dieu resta à jeun et dit : Moi non plus je ne mangerai pas aussi longtemps que mes frères auront faim et ne trouverons pas de pain à manger", appliquant ainsi la parole de l'Apôtre : "Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui." (1 Corinthiens 12, 26).

Vers 346, une épidémie de peste se déclara dans la Communauté et extermina plus de cent Frères parmi les plus éminents. Le saint fut atteint à son tour, mais refusa tout traitement particulier. Bien que son corps fût affaibli à l'extrême, ses yeux étaient flamboyants. Il passa les premiers jours de la Grande Semaine à prier le Seigneur pour que l'unité de la Communauté ne soit pas rompue après sa mort.
Il réunit les Frères, il les prit à témoin que, durant toute sa vie, il ne leur avait rien caché et avait vécu comme l'un d'entre eux, se conduisant envers tous comme un serviteur et comme une nourrice qui réchauffe ses enfants.
Il ajouta que les Règles et traditions qu'il avait instituées pour eux étaient la seule voie pour obtenir le repos de l'âme et le salut éternel.

Il dit que l'ordre du Seigneur lui était venu d'aller rejoindre le séjours des Pères. Il ordonna à Théodore d'aller ensevelir son corps dans un endroit secret, afin qu'on ne lui offrit pas de culte, et l'exhorta à prendre soin des frères négligents.

Il remit son âme apostolique à Dieu le 9 mai 346, à l'âge de 60 ans.

A ce moment l'endroit fut agité d'un tremblement de terre, un parfum céleste se dégagea, et plusieurs anciens virent des troupes d'Anges escorter l'âme du saint jusqu'au lieu de son repos.

 Saint Pacôme

Par les prières de saint PACÔME,
Seigneur Jésus Christ,
aie pitié de nous, sauve-nous,
bénis notre Fraternité Monastique, garde-là fidèle à Ton service, garde les Frères unis
 dans la fidélité à leurs engagements, l'obéissance et la prière.