lundi 15 juillet 2013


MÉDITATION
(D'après des extraits de la vie de Sainte Photinie l'Ermite. Lumière du Thabor.) 

La vie de l'âme, c'est son union avec Dieu.
Hors nous savons que depuis la transgression de nos Ancêtres, l'âme séparée de Dieu se meurt, mais par l'obéissance, elle s'unit, à nouveau, à LUI et recouvre la vie.

Le Seigneur Christ ne nous dit-Il pas : "Les Paroles que je vous dis sont esprit des vie." (Jean 6, 63)
L'Apôtre Pierre dit : "Tu as les Paroles de la vie éternelle." (Jean 6, 68)

Selon l'enseignement de l'Apôtre Paul : "Pour ceux qui obéissent ces Paroles sont des Paroles de vie, et pour les transgresseurs, le commandement de vie devient cause de mort." (Romains 8, 10)

Devenus spirituels de charnels qu'ils étaient, ceux qui seront dignes entreront dans l'éternité de Dieu pour y vivre comme des Anges de Dieu.

Paul, dont nous venons de célébrer la fête avec l'Apôtre Pierre, dit : "nous serons enlevés sur les nuées à la rencontre du Seigneur dans les airs et nous serons ainsi dans le Seigneur." (1 Thessalon. 4, 17)

Nous devons tous un tribut à Celui qui nous a délivré de la mort, à Celui qui par Sa mort a vaincu la mort pour nous donner la vie.

"Je suis venu pour qu'ils aient la vie, qu'ils l'aient en abondance." (Jean 10, 10)

Il peut y avoir des obstacles à cette abondance que nous offre le Seigneur Christ:
-La richesse matérielle, les plaisirs, la vaine gloire, les passions mauvaises de l'âme et du corps, les pensées orgueilleuses...

Le Seigneur Christ appelle "Heureux", le contraire de ce que le monde appelle bon.
"Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux." (Matthieu 5, 3)

Pourquoi ajoute-t-Il, après avoir dit Bienheureux les pauvres, "en esprit" ?

* C'est pour nous montrer Son amour pour la modestie de l'âme.

* C'est pour nous apprendre que la pauvreté, dans le corps, est également bienheureuse et qu'elle nous procure le Royaume des Cieux, à condition bien entendu, qu'elle accompagne l'humilité de l'âme.

En proclamant bienheureux les pauvres en esprit, le Seigneur indique la cause, la racine de la pauvreté qui fut celle des Saints, c'est-à-dire leur esprit humble.

En déclarant bienheureux les pauvres en esprit, le Seigneur Christ, en peu de mots nous indique la cause qui l'engendre et la garde de toute altération.

Car on peut, par VAINE GLOIRE et pour être vu des hommes, se faire volontairement pauvre et extérieurement humble, mais cela n'est plus la pauvreté en esprit, c'est une HYPOCRISIE engendrée par l'orgueil et tout le contraire de l'esprit de pauvreté.

L'amour de l'argent ou l'avarice engendre les maux suivant :
- la manque de piété.
- l'exploitation des autres.
- le vol sous toutes ses formes.
-les injustices diverses, y compris sociales.
En un mot, toute sorte de cupidité que saint Paul appelle "DEUXIÈME IDOLÂTRIE".

Le manque de foi en la Providence de Dieu, rend les maladies dues à l'amour de l'argent difficiles à rejeter ; car quiconque ne croit pas en la Providence divine, s'appuie sur l'argent.

L'Apôtre Paul dit très clairement : "Ceux qui veulent s'enrichir tombent dans la tentation et les pièges du diable." (1Timothée 6, 19)

Le Christ : "Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux."

Ce dangereux et redoutable amour de la richesse ne vient pas de l'état de pauvreté, c'est plutôt la pauvreté qui vient de l'amour de la richesse, amour engendré par la folie. Jésus a qualifié le riche de l'Évangile qui voulait détruire ses greniers pour en bâtir de plus vastes, d'INSENSÉ. (Luc 12, 18)

N'est-il pas insensé et ne manque-t-il pas de sagesse et de bon sens, celui qui par amour de l'argent et de la richesse passagère trahit le salut de son âme ?

Le Seigneur Christ a dit que la vie ne dépendait pas de l'abondance de biens. (Luc 12, 15). 

Le Seigneur nous avertit : "Cherchez d'abord le Royaume et la justice de Dieu et tout vous sera donné de surcroit." ( Matthieu 6,33)

En conséquence, ceux qui veulent s'enrichir abusivement, au détriment d'autrui, des plus pauvres, en exploitant l'homme à outrance avec des salaires de misères ; ces gens là, ne peuvent pas dire pour se justifier que c'est pour un bon motif.  

Ces gens là, ces patrons là, ces gouvernants là ne croient pas au Christ.

Ces personnes ont un amour démesuré des biens matériels et de l'argent, de leur confort, de leur fortune sous toutes ses formes, y compris les plus indécentes. Ils ont un désir "maladif" et CORROMPU de la richesse.

Ils amassent sans cesse, surchargent leurs épaules de fardeaux inutiles et transportent durant toute leur vie un bien étrange SÉPULCRE.

On ensevelit les morts dans la terre, mais l'esprit des mauvais riches, de ces avares, de ces exploiteurs d'humanité est déjà enseveli vivant sous l'or qui est aussi de la terre, de la basse matière. Leur sépulcre sent plus mauvais que les sépulcres des morts en décomposition.  

Plus on ajoute de l'or dans ce sépulcre (le coffre fort des riches, des puissants de ce monde, des PDG des sociétés multinationales, qui s'enrichissent sur le dos du peuple. Multipliant les impôts, les taxes, les prélèvements, les augmentations des aliments, des carburants, des produits de premières nécessités... ) , plus il sent mauvais, plus mauvais que les corps recouverts de terre, l'odeur nauséabonde, la puanteur monte jusqu'au ciel, jusqu'au Anges de Dieu; Dieu se détourne d'eux:
"Ils sont devenus puants à cause de leur folie." (Psaume 37, 6) 

La PAUVRETÉ volontaire, celle qui ne cherche pas à plaire aux hommes, la pauvreté en esprit que le Seigneur Christ proclame bienheureuse, nous délivre de cette maladie mortelle qu'est l'amour inconditionnel de la richesse, de la fortune accumulée et de l'argent mal gagné.

Un Moine qui souffre de la passion de l'avarice et de l'argent, ne peut se soumettre à l'obéissance monastique.

Nous voyons les conséquences de cet "amour" dans le Nouveau Testament avec le cas de Judas. (Actes 1, 18)

Comment un Moine n'ayant pas renoncé à amasser des richesses pourra-t-il livrer des combats spirituels ?
   
Comment ce moine, impropre à l'obéissance pourra-t-il trouver le repos et se livrer à la prière.

Cet amour passion de l'argent est indissociable de l'amour de la gloire et de la puissance. 

Ceci est valable pour le moine et tout chrétien.

Tout cela commence par l'amour de la beauté du corps, dans le luxe des vêtements. C'est cela que l'on nomme aussi la vaine gloire.

L'autre forme de cette passion sournoise, concerne les hommes vertueux que l'ennemi du genre humain, le démon, manoeuvre par l'hypocrisie et l'orgueil, pour leur ravir et dissiper la richesse spirituelle qu'ils ont amassée.

La guérison de ces maladies s'obtient par l'ascèse personnelle, la confession, le jeûne.

Désirer la gloire qui vient des hommes, qui nous est offerte par des hommes, c'est tomber dans une profonde obscurité.  

Se vanter de ses origines nobles, de ses beaux vêtements, de son beau corps, de ses parfums luxueux achetés à grand prix... tout cela est VANITÉ INUTILE et vaine gloire !

Tout cela n'est que poussière et quoi de plus pauvre que la poussière ?

 La simplicité, l'humilité ...

De toutes les passions qui nuisent à nos âmes, celle qui nous porte à vouloir plaire aux hommes est la plus subtile.

Elle précède l'orgueil et risque de nous mener au naufrage, bien loin de la foi : "Comment pouvez-vous croire en MOI, vous qui cherchez la gloire des hommes et non pas celle qui vient de Dieu seul." (Jean5, 44)

Que nous apporte la gloire humaine et les titres ronflants que nous offrent les "grands de ce monde" ? :
"Un nom sans contenu, des lumières fugaces, quelques feux d'artifices...et ensuite ?"

C'est l'envie qui a provoqué le premier meurtre, celui d'Abel, puis le déicide : la crucifixion du Dieu-Homme.

En examinant cette vaine gloire on découvre en elle une foule d'absurdités : 
-Souvent elle couvre de honte ceux qui la chérissent et met au jour leurs mobiles.
Regardez de nos jours tous nos vaniteux politiciens, ceux qui prétendent diriger les hommes et les nations. Où en arrivent-ils pour avoir leur  puissance et leurs heures de gloires : tromperie, mensonges, promesses non-tenues, magouilles financières, ruines des peuples, chantages divers, menaces... et bien d'autres choses indélicates.

A la différence de ces vaniteux sans scrupules et arrivistes de tous genres ne portant d'intérêt qu'au gain et à leur fortune d'ici bas, nous portons nos regards sur le Christ et tout ce que nous faisons, nous le faisons par SA force et pour LUI.

Saint Paul dit : "Faisant tout pour la gloire de Dieu..."

Autre progéniture du désir mauvais, qui peut être soignée par la bienheureuse pauvreté : la gloutonnerie, maladie de notre siècle comme nous le constatons chaque jour, y compris chez les enfants.

Il faut tenir son corps en bride, en rationner avec une juste et équitable mesure la nourriture.

Rien ne guérit les passions malsaines, si ce n'est la prière faite avec humilité et une ascèse saine du corps.

LE SENS DES ÉPREUVES
 Ce sont les épreuves de l'existence que l'on doit accepter avec action de grâce, si l'on veut offrir des fruits spirituels à CELUI qui cultive les esprits.

Celui qui ne peut pas porter, avec courage, le poids écrasant des afflictions, ne pourra apporter aux pressoirs de Dieu des fruits dignes d'être serrés dans le grenier éternel.

C'est par la patience dans les douleurs volontaires et involontaires, les unes venant de l'extérieur, les autres de l'intérieur, que l'homme aimant Dieu se perfectionne.

Celui qui par esprit de pauvreté méprise la gloire et les voluptés et se considère débiteur des remèdes efficaces de la pénitence, doit toujours s'attendre à être affligé ; il endure toute épreuve comme méritée.

Il accueille l'adversité qui l'accable et en fait un sujet de supplication contrite et bienfaisante.

Il endure tout sans rancune, mais il pardonne aussi à ceux qui l'affligent.

"Bienheureux les affligés, car ils seront consolés"

LA PAUVRETÉ en CHRIST
L'affliction appelée "bienheureuse" est liée à la pauvreté selon Dieu.

Il y a quatre sortes de pauvreté spirituelle :
-La pauvreté de l'esprit.
-La pauvreté du corps.
-La pauvreté dans les biens temporels.
-La pauvreté dans les épreuves qui frappent l'existence.

Ne pensons pas, suite à cette énumération, que la pauvreté selon Dieu est divisé en son essence et application. Non ! Il y a unité profonde de ses diverses formes enfermées en une seule BÉATITUDE.

La pauvreté matérielle, la non-possession, est unie à la pauvreté de l'esprit.

L'esprit libéré de toute chose sensible s'élève au-dessus du déluge de l'agitation des affaires terrestres, se tourne vers l'homme intérieur, il se presse d'aller laver ses souillures dans les larmes de l'affliction.

La non-possession des biens est la mère de l'insouciance.

L'insouciance devient mère de l'attention spirituelle et de la prière.

La paix de la conscience suit.

Alors jaillissent la joie spirituelle et le rire bienheureux de l'âme.

La prière suppliante se transforme en actions de grâces, la méditation de la Parole du Seigneur une joie du coeur.

L'âme peut alors dire avec David : 
"Goûtez et voyez, combien le Seigneur est doux."
(Psaume 33, 9)

Oui, le Seigneur est l'allégresse des justes, la joie des hommes droits, le contentement des humbles, la consolation des affligés.  

 Restons vigilants, ne soyons pas comme ces vierges qui ont laissé leurs lampes s'éteindre...

AU SUJET DES MOINES :
Photinie ma soeur, le moine qui vit dans le monde, au milieu des hommes, peut-il vivre comme un Ange ?

Oui, il le peut, s'il comprend ce qu'est un moine. Dès l'instant où il a pris l'habit, il doit penser qu'il est mort au monde.

Et si, comme homme, il marche dans le monde, il doit savoir qu'il n'a pas de lien avec le monde qu'il a quitté spirituellement.

Oui, Photinie, ma soeur. Mais le moine bien que moine, est homme.

Oui, bien sûr, il est homme, d'où le besoin absolu de la prière du coeur qui garde le coeur et ne laisse pas entrer les passions dans son trésor.

Si le coeur est bien gardé, sanctifié par la prière, comment les mauvaises pensées pourront-elles y pénétrer ?

Celui qui laisse son coeur sans garde, subit les tracas et les attaques des mauvaises pensées et des dangers moraux.
(Sainte Photinie l'Ermite. p. 97-98)

Par les prières de sainte Photinie l'Ermite,
Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous.