vendredi 11 octobre 2013



SIMPLE MEDITATION

Puisque Dieu vous a reconnus, pourquoi revenez-vous au fétichisme des jours, des mois, des saisons et des années ?
Voulez-vous, comme jadis être esclaves de ces principes sans valeur et sans force ?

Les autres vous assaillent de prévenances, mais leurs intentions ne sont pas bonnes, ce qu'ils veulent (c'est vous séparer de l'Eglise véritable) pour que vous ayez des prévenance à leur égard.
(Galates 4, 8-21)

Psaume 11 (12)
Les vérités se meurent à cause des fils des hommes !
Chacun raconte à son prochain des vanités.
Ils ont dans le coeur des lèvres fausses,
et dans le coeur ils profèrent le mal.

Mais le Seigneur perdra toute lèvre trompeuse,
toute langue grandiloquente.

Pour les pauvres qui souffraient
et les indigents qui gémissent,
maintenant je ME lève, déclare le Seigneur.

Les promesses du Seigneur sont promesses pures,
de l'argent raffiné, dépourvu de scories
par sept fois purifiés.


Lettre de Saint Nectaire D'Egine
aux Moniales d'Egine.

(Concerne le changement de nom des moniales et des moines)

Hier, j'ai ordonné un élève.
Son changement de nom reste tout frais dans ma mémoire.

le changement de nom est important pour ceux qui entrent dans le stade des combats spirituels, qui s'engagent à faire la guerre aux principautés et aux puissances du prince de ce monde, qui luttent pour la victoire du Royaume de Dieu.

J'ai voulu en parlé car j'ai constaté certaines scènes fâcheuses qui se sont produites à ce sujet parmi les soeurs.

J'en conclus qu'en elles le vieil homme vit avec ses passions et ses convoitises : elles ont à le clouer sur la croix dont elles se sont chargées, comme disciples du Seigneur.

La constatation de ces défauts  tout à fait indignes pour des moniales ou des moines m'a profondément affligé.

Pour les moines qui s'engagent (et promettent librement) de vivre dans la vertu, le changement de nom joue un rôle essentiel, pour deux raisons fondamentales:
1 - Le total renoncement au passé et le souvenir constant du changement de vie. Notre avenir est essentiellement entre les mains de Dieu, là est la vérité.
2 - Avoir un modèle pendant notre vie, le Saint dont nous portons le nom. D'où la nécessité de bien connaître la vie de notre Saint Protecteur.

Le changement de nom nous amène et aide à l'oubli du passé. Il rappelle sans cesse la transformation du genre de vie, avec ses engagements librement accomplis, engagements à accomplir avec amour et un zèle généreux.

Le nom est si intimement lié au moi, que nous ne pouvons séparer notre prénom de notre moi et de notre personnalité. Le souvenir de l'un entraîne le souvenir de l'autre, si bien que l'évocation de l'un et de l'autre s'effectuent simultanément. 
D'où l'indélébile mémoire du vieil homme tant que nous portons notre ancien nom et, au contraire le souvenir de l'homme nouveau lorsque nous entendons le nom nouveau.

Cette force spirituelle contenue intrinsèquement dans le changement de nom en constitue, de fait, la raison première.

Mais cette force est repoussée lorsque notre volonté propre empêche la mise en pratique et l'accomplissement des préceptes rappelés aux moines par leur nouveau nom.

Cela vient du fait que le vieil homme vit en nous, et que nous le préférons à l'homme nouveau.

En conséquence, nous négligeons les rappels continuels qui nous sont proposés par l'appellation nouvelle.

Cette indifférence envers les engagements monastiques, remis constamment en mémoire grâce au nouveau nom, témoigne de l'existence d'un autre mal, la transgression de la voix de la conscience.

Car à chaque manquement aux devoirs de cette vie nouvelle, rappelée en permanence par le nouveau nom, la conscience s'insurge et proteste.

Mais elle n'est pas écoutée, parce que le vieil homme règne en maître et méprise les exigences de l'homme nouveau, qui sont exprimés par la voix de la conscience.

Ce mépris atteint un degré tel, qu'il réprouve la voix de la conscience, comme exigeant des choses folles et déraisonnables, et finalement il va jusqu'à lui imposer le silence.

Cet état est semblable à l'endurcissement de la conscience.

Le moine, donc, qui méprise la voix sévère le rappelant à l'observance de ses engagements souffre du même mal que ceux dont la conscience est endurcie.

Malheur à lui !

Le scapulaire de moines et moniales
rappelle à ceux-ci  qui ils servent, et ce à quoi ils se sont engagés.

Malheur à lui ! Il va être condamné pour n'avoir pas vécu selon (ce à quoi il s'est engagé) Dieu, pour avoir placé son ego et sa propre volonté, sa propre "sagesse" au-dessus de celles des Saints Pères et pour n'avoir pas eu une bonne disposition intérieure.

Il ne suffit pas de présenter sacrifices et offrandes pour plaire à Dieu, ni même de prier ou de dire des offices, mais de bien les offrir, avec le sentiment de sa propre imperfection et de son indignité.

Or, ce sentiment-là requiert l'obéissance et le renoncement à soi-même, ainsi que l'humilité accompagnée d'un réel labeur spirituel (où que nous soyons : travail, église, etc.)

Si donc ces éléments permettent seuls d'apporter dignement à Dieu nos sacrifices, le premier et le plus grand sacrifice que nous offrons est bien notre propre coeur.

Comment notre sacrifice et notre offrande seraient-ils agréables à Dieu, si nous-mêmes ne sommes pas dignes de comparaître devant Lui et Lui présenter un sacrifice agréable ? ni notre don, digne, en tant que tel, d'être une offrande pour Dieu ?

C'est pourquoi, ne nous fions pas à notre supplication et à nos offrandes, si tout d'abord nous n'allons pas nous appliquer assidûment  à vivre nous-mêmes en dignes initiés des mystères sacrés d'une part, et à rendre nos sacrifices agréables à Dieu d'autres part.

Car ceux qui pensent que tout culte et tout sacrifice plaît à Dieu sont dans l'illusion, une illusion redoutable !

Dieu ne veut pas d'un esprit hautain et enflé d'orgueil, ni d'un coeur implacable et passionné. Il aime un esprit contrit et un coeur brisé (Psaume 50).

Voilà donc ce qui motive, en premier lieu,  le changement de nom dans la vie monastique, quelqu'en soit la forme. 

En second lieu, grâce à ce changement de nom, le moine est tenu d'avoir pour modèle de vertu et de perfection la vie et la conduite du Saint dont il porte le nom.

Le modèle de la vertu de son Saint patron fortifie grandement celui qui lutte dans l'arène. Il lui apprend à s'humilier, même s'il descend de lignée royale ; à patienter, même si les épreuves sont insupportables ; à aimer même ceux qui le haïssent ou le méprise. Il lui apprend à vivre pour ses frères et à mourir pour la Loi de Dieu et Ses divins Commandements. Il lui apprend à aimer la dernière place et à trouver ses délices dans une obéissance et une vie cachée.

Voilà donc les raisons pour lesquelles les moines changent de nom. 

J'espère apprendre de vous que vous êtes diligentes à écouter les rappels à vos engagements que votre nom monastique vous prodigue.

Nectaire de la Pentapole.

Saint Nectaire d'Egine. Icône de l'église monastique de Nîmes.