jeudi 26 décembre 2013



MEDITATION

Epître: 1 Thimotée 6, 17-21.

Invite les riches de ce monde à ne pas mettre leur espérance dans des richesses incertaines, mais en Dieu qui nous pourvoit largement de tout.
Qu'ils fassent le bien, s'enrichissent de bonnes oeuvres, donnent de bon coeur et sachent partager.
De manière à se préparer un solide capital pour acquérir la véritable vie.
Toi, garde soigneusement ce qui t'a été confié.


En Christ, les forces de l'humain sont vivifiées par les énergies divines, par les NOMS divins qu'elles reflètent.

Les VERTUS de l'homme, ses forces, ses énergies, sont autant de participations aux énergies divines, à la manière d'être de Dieu telle que la révélé le Christ.

L'homme est appelé à manifester la beauté, la bonté, la sagesse, la forte douceur qui sont autant de rayons de ce que Saint Jean nomme " LA LUMIERE de la VIE".

Saint Irénée de Lyon disait : "La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant. C'est seulement là où est l'Esprit Saint qu'existe l'homme vivant véritable."

La colère, perversion de l'ardeur, devient au creuset de la grâce, maîtrise et douceur, la douceur des forts.

Saint Maxime le Confesseur, dans ses CENTURIES, note que "chez l'homme, dont l'intelligence se tourne vers Dieu, même la convoitise (épithymia) donne des forces à l'amour brûlant pour Dieu, même la violence de la colère (thymos) se porte du même mouvement vers l'amour divin. Car à la longue, la participation à la lumière divine, unifiant toute la force de ces puissances, la transforme en amour brûlant insatiable." (Centuries sur l'amour II, 48)

Tout est porté par l'humilité et tout, à travers la patience, l'espérance et l'impassibilité, aboutit à l'amour, l'amour désintéressé et créateur.

L'HUMILITE est cette dépossession de soi, cet abandon actif qui permet à Dieu de nous éclairer.

L'HUMILITE est liée à la RUPTURE avec le monde, typiquement monastique mais que tout chrétien peut expérimenter par une discrète, presque imperceptible, prise de distance.

L'humilité permet la patience dans les vicissitudes de la vie.

De l'humilité et de la patience naît une relation nouvelle avec le temps que désigne la vertu d'ESPERANCE.

La structure fondamentale de la temporalité, son "EXISTENTIAL", est l'angoisse. Pour le chrétien, c'est l'ESPERANCE.

Comme l'angoisse, l'espérance vise l'avenir, mais celui-ci n'est pas néant, c'est le Royaume.

L'avenir que suppose l'angoisse fait peur, c'est pourquoi l'homme multiplie dérisoirement assurances et garanties de sécurité.

L'avenir que suppose l'espérance triomphe de l'usure du temps, perce celui-ci vers l'Eternité.

C'est pourquoi les martyrs meurent dans une extase de résurrection et les moines, qui intériorisent le martyr, ont pu forger l'adage : "Donne ton sang et reçoit l'ESPRIT."

Marc l'Ascète écrit : "L'espérance élargit le coeur, tandis que l'angoisse le rétrécit." (De ceux qui pensent être justifiés. 114)

Et encore : "Le coeur où le Christ habite depuis le baptême ne peut être ouvert que par l'espérance qui comprend tout."

Ainsi, les VERTUS : Foi, Crainte de Dieu, Humilité, Abstinence, Patience et Douceur, Espérance, culminent à l'IMPASSIBILITE (Apathéia).

Celle-ci n'a rien de négatif, mais désigne une très profonde paix (Hésychia) qui ne se complait nullement en elle-même mais, pénétré par le silence de Dieu, s'ouvre à l'infini sur les êtres et les choses.

L'âme n'ignore pas les PASSIONS, elle les voit lucidement naître et périr mais ne se laisse pas troubler par elles.

L'Impassibilité rassemble l'homme et l'ouvre à l'amour divin pour la création, ce FOL-AMOUR dont parle saint Maxime le Confesseur et Nicolas Cabasilas.

L'Impassibilité n'exclut par l'amour mais l'engendre. (Maxime le Confesseur - Centurie sur l'amour 12).

Celui qui sait, de tout son être, que le Christ est ressuscité et que tout, à jamais, vit en lui, celui-là peut aimer ses ennemis et "renverser le mur de séparation que nous avons nous-mêmes construit".
(L'échelle sainte XXIX, 13).