vendredi 14 mars 2014

2ème SAMEDI du Grand Carême
Commémoration des Défunts

Lectures : 
Epître : 1Thessaloniciens 4, 13-17.
Evangile : Jean 5, 24-30.

Grand Carême : Huile et vin.

Lectures du jour :
Epître : Hébreux 3, 12-16.
Evangile : Marc 1, 34-44.

Dormition du Saint Prêtre Nicolas PLANAS
(1932)

Tropaire ton 1 : 
Louons notre protecteur, le pieux Nicolas, car il était doté des plus grandes vertus, il brilla en vrai prêtre du Dieu très haut, et fut Son fidèle serviteur. Car par sa sainte vie sur terre, il nous a laissé les plus sublimes, divins et infaillibles enseignements sur la patience à toute épreuve, la douceur, l'humilité sincère, et un vrai amour pareil à celui de Dieu.
Kondakion de saint Nicolas Planas, ton 3:
Tu étais humble d'esprit et pur de cœur, illustre de vie et droit face à la vérité, ô sage. Tu illuminas le monde entier par les vertus et tu accordes la grâce à ceux qui s'approchent de toi ; et par tes intercessions, tu guéris tous ceux qui font appel à toi, ô père Nicolas.
Fête le 2 Mars
Saint Nicolas Planas est néen 1851, dans l'île de Naxos. Ses pieux parents, Jean et Augustine, l'éduquèrent dans les voies du Seigneur.
Depuis son plus jeune âge, il se distinguait par sa simplicité et sa piété ; le pain que lui donnait sa mère, il le distribuait aux pauvres du village, et il cédait même ses vêtements aux enfants dans le besoin. Durant toute sa vie, il ne garda jamais quoi que ce fût pour sa satisfaction personnelle ou son confort.
À l'âge de dix-sept ans, il se maria et naquit un fils, le petit Jean. Son épouse ne comprenait pas ses aspirations spirituelles et lui faisait de constants reproches. Devenu veuf au bout de quelques années, il confia son fils à des parents et, ayant cédé tout l'héritage familial à un compatriote accablé de dettes, il put dès lors se consacrer tout entier au service du Seigneur et mener en pleine Athènes la vie des ascètes du désert. Ordonné prêtre en 1884, il fut bientôt chassé de l'église de Saint-Pantéléimon, où il avait été placé, et s'installa dans la modeste église dite de Saint-Jean-le-Chasseur, paroisse composée de seulement huit familles, dont il ne recevait presque aucun honoraire.
Humble et simple, le Père Nicolas devint cependant le prêtre le plus populaire d'Athènes. Pendant cinquante-deux ans, il célébra quotidiennement la Divine Liturgie dans diverses églises de la ville, et surtout dans les chapelles de campagne souvent à moitié en ruine. Et quelle Liturgie ! Ayant identifié son existence avec la vie de l'Église, il lui était impensable de présenter le Sacrifice non sanglant, sans l'accompagner de tous les offices ecclésiastiques, tels qu'ils sont célébrés dans les plus stricts monastères.
Il commençait vers 8 heures du matin pour terminer vers 2 ou 3 heures de l'après-midi. Au cours de l'office de la Prothèse, ilcommémorait, pendant deux à trois heures, les noms des vivants et des défunts inscrits sur des milliers de morceaux de papier soigneusement mis en paquets, qu'il portait toujours avec lui. En effet, quand on lui donnait des noms pour les commémorations, avec quelque obole, quelle que soit la somme, il commémorait ces noms pendant des années entières ; et, dès qu'on le lui demandait, il célébrait vigiles de toute la nuit, offices d'intercession, offices de l'Huile Sainte, etc., sans compter ni son temps ni sa peine. À l'issue de sa Liturgie, au cours de laquelle il lisait le plus souvent trois ou quatre évangiles, lentement et en écorchant les mots difficiles, sans toutefois jamais provoquer le rire de l'assistance, il mentionnait une liste interminable de saints, comme s'il ne voulait omettre aucun des amis de Dieu invisiblement présents. Et souvent, des enfants et des âmes pieuses le virent élevé au-dessus du sol pendant la célébration.
Ces Liturgies du simple Papa Nicolas convertissaient les cœurs les plus durs et attiraient des foules de fidèles, surtout lorsqu'il célébrait des vigiles de toute la nuit, dans l'église du Prophète Élisée, où chantaient les deux célèbres écrivains Alexandre Papadiamantis (†1911) et Alexandre Moraïtidis (†1929). Tel un ange dans la chair, le saint prêtre était toujours prêt à officier, en quelque endroit que ce soit, et à prier pour tous, riches et pauvres indifféremment. II ne gardait jamais jusqu'au soir l'argent que lui donnaient les fidèles, mais le distribuait immédiatement aux nécessiteux ou le consacrait à quelque œuvre ecclésiale. C'est ainsi qu'il put faire reconstruire son église, qu'il dota des jeunes filles orphelines et finança les études d'étudiants pauvres. Pour sa subsistance, il ne se contentait que de quelques sous, et se nourrissait d'un peu de pain et d'herbes ramassées çà et là, ou d'un verre de lait offert par des bergers. Le visage constamment illuminé d'un sourire d'enfant, il lui était impossible de se faire des ennemis : il pardonnait à ceux qui le volaient, trouvait des excuses à ceux qui l'injuriaient ou le calomniaient, et passait ainsi à travers toutes les amertumes de la vie par la grâce du Consolateur qui habitait en lui. Une seule chose pouvait le contrarier : c'était d'être interrompu dans sa prière ou empêché de célébrer le service du Seigneur. À cette époque, des influences réformatrices de type occidental se faisaient sentir dans l'Église de Grèce et le métropolite Mélétios Métaxakis interdisait au clergé de la capitale de célébrer des vigiles nocturnes. Désemparé, le Père Nicolas pria ardemment le Seigneur, pendant cinq jours, d'en obtenir la permission, et elle lui fut finalement accordée.
Quand il passait dans la rue, marchant lentement et avec difficulté à cause de ses interminables stations debout dans l'église, les enfants l'escortaient, les femmes se signaient, les hommes se découvraient et s'effaçaient respectueusement pour lui laisser le passage. Les chauffeurs de taxis se disputaient pour le prendre dans leur voiture, car ils étaient sûrs que ce jour-là ils feraient une bonne recette. Strict avec lui-même, le Père Nicolas était plein de sollicitude pour les fidèles qui venaient se confesser et trouver auprès de lui la consolation du Père céleste. 
Il voyait dans le fond des âmes et prédisait l'avenir. Un jour, une femme lui offrit une prosphore pour célébrer la Divine Liturgie, mais le saint la lui refusa en disant : « Je ne peux l'accepter tant que tu cohabiteras sans être mariée. » Une autre fois, il but à une bouteille d'arsenic en croyant que c'était du vin de messe ; mais, protégé par la grâce, il n'en souffrit aucun mal.
Modèle du liturge orthodoxe, homme qui s'était fait tout entier « tradition », pasteur des simples et des humbles, le Père Nicolas avait acquis dans le peuple l'autorité d'un nouvel apôtre, si bien que lorsqu'il remit son âme à Dieu, le sourire aux lèvres, le 2 mars 1932, après une brève maladie, une foule innombrable vint vénérer, pendant trois jours, sa dépouille mortelle.