mercredi 3 septembre 2014





SIMPLE MEDITATION SUR LE PRETRE
(selon saint Jean de Kronstadt)

Le prêtre est celui qui se tient debout devant l'Autel (Autel qui est le symbole du Trône de Dieu) dans une mystérieuse intimité avec son Seigneur.

Quel être sublime devrait être le prêtre !

Le prêtre converse avec Dieu, et Dieu lui répond.

Comment le prêtre, dans ces conditions, peut-il oublier, quand il est assailli par les passions, que celles-ci sont, pour lui prêtre, particulièrement viles, impures, et qu'il lui est impossible de les laisser pénétrer dans son coeur, que Jésus Christ doit remplir entièrement ?

Le Psaume 131, 9 dit : "Ô Seigneur, que Tes prêtres se vêtent de justice."

Les prêtres doivent sans cesse se rappeler la grandeur de leur fonction et éviter de s'empêtrer dans les filets mondains et ceux du démons. Ils doivent être exempts des sollicitudes de ce monde, de la séduction du confort et des loisirs du monde et autres convoitises.

Que le prêtre remercie Dieu sans cesse de l'avoir choisi pour faire de lui son indigne serviteur, son coopérateur.

Saint Cosmas d'Etolie.

Pourtant nous voyons bons nombres de prêtres célébrer les offices divins et les sacrements, sans empressement, mollement, négligemment, avec un désir d'en finir au plus vite, pressés par les vanités du monde, les rendez-vous familiaux ou amicaux, les invitations aux bonnes tables des fidèles.

Quelle effroyable tentation et quel péché !

"Maudit soit celui qui fait mollement l'oeuvre de Dieu." (Jr. 48, 10)

Lorsqu'un prêtre célèbre ainsi, il néglige les paroles du Saint Esprit, présent dans les prières des sacrements.

Ces paroles qui accompagnent nos offices et nos sacrements ont la propriété indubitable de vivifier, fortifier et guérir notre corps lui-même en même temps que notre âme.

En célébrant les sacrements avec indifférence, n'importe comment, nous nous moquons des Mystères du Seigneur.

Ces prêtres là agissent comme des "fonctionnaires" qui font leurs heures de présences dans une totale indifférence.

Le prêtre doit célébrer dignement et avec attention, avec un coeur fervent, sachant que Dieu nous aide à célébrer ce saint Labeur.

CE que la respiration est à notre corps, la prière l'est à l'âme.

Quel prêtre peut dire qu'il dépose complètement ses préoccupations et les attachements terrestres lorsqu'il célèbre la Divine Liturgie ? L'ennemi du genre humain nous trouble et essaie de détourner notre esprit.


LE PRÊTRE et la CONFESSION
Pour le prêtre la pratique de la confession est une école d'abnégation.

C'est vraiment la pierre de touche de l'amour du prêtre pour les Fidèles.

Pour le prêtre, la confession est un labeur d'amour pour chacun. Il ne doit faire acception de personne, il doit être patient et compatissant.

Comme le dit l'Apôtre : La charité excuse tout, supporte tout ; elle ne passe jamais(1 Cor. 13, 4-8)

Il est difficile de bien confesser les gens.

Le prêtre est le médecin de l'âme.

Il doit être exercé et fort dans la prière et l'abstinence. Il ne doit pas se laisser lier par les désirs et les plaisirs du siècle, principalement la convoitise, l'amour-propre et l'orgueil, ni par l'ambition.

Il doit être une lumière afin d'éclairer les autre. Il doit être le sel spirituel, afin de préserver les autres de la corruption spirituelle.

Le prêtre doit toujours se souvenir de la parole de saint Luc :  Médecin, guéris-toi toi-même.(Luc 4, 23).

Le prêtre devrait vivre en Dieu et pour Dieu, pour Dieu seul. Il doit se pénétrer entièrement de Dieu, ne faire plus qu'un avec Lui. Etre comme un enfant bercé sur les genoux de sa mère.

Alors son coeur est comblé d'une douce paix céleste. De même que la lumière et la chaleur sont inhérentes au soleil, ainsi la sainteté, l'édification, la charité et la compassion universelle doivent être inhérente à la personne du prêtre.

Car de quelle dignité est-il revêtu ?

De la dignité du Christ.

A qui communie-t-il si souvent ? Au Christ Dieu Lui-même, à Son Corps et à Son Sang.

Le prêtre doit donc être dans l'ordre spirituel, au milieu des Fidèles, ce que le soleil est dans l'ordre naturel : une lumière pour tous, une chaleur vivifiante, l'âme de tous. 

(Saint Jean de Kronstadt - LA JOIE AU COEUR - chp. VI - pp. 83-95 - Le prêtre.)