jeudi 19 février 2015

Jeudi 6 février calendrier orthodoxe
19 février  civil 2015

Apodose de la Sainte Rencontre.

Saint PHOTIOS le Grand
Patriarche de Constantinople.


LECTURES :
De Saint Photios.
Epître : Hébreux 7, 26-8 : 2.
Evangile : Jean 10, 9-16.

Du jour :
Epître : Jude 1, 1, 11-25.
Evangile : 23, 2-34, 44-56.

Semaine des laitages.

APOLYTIKION ton 4 de Saint Photios :
Imitateur des Apôtres en leur genre de vie, * oecuménique docteur, * Photius, intercède auprès du Maître universel * pour qu'au monde Il fasse don de la paix * et qu'à nos âmes Il accorde la grâce du salut.

KONDAKION ton 8 : 
Ce luminaire de l'Eglise répandant au loin sa clarté, * ce guide très saint de qui professe la Vraie Foi, * des fleurs de nos cantiques en jour couronnons-le; * comme à la divine lyre du Saint Esprit * et comme au ferme adversaire des hérésies * chantons-lui : réjouis-toi, vénérable Photius.

Saint Photios le Grand, Patriarche de Constantinople.

Saint Photios le Grand est né en 820 dans une noble famille byzantine.

Son père, le spartharios Serge, était le frère du patriarche saint Taraise (cf. 25 février), et le frère de sa mère Irène avait épousé la soeur de l'impératrice Théodora.

Ses parents aimaient les Moines et ils souffrirent le martyre pendant la persécution iconoclaste, laissant ainsi à leur fils en héritage un bien plus précieux que la noblesse et la fortune : l'amour de la Vraie Foi.

Photios reçut une éducation des plus raffinées dans toutes les sciences profanes et sacrées. Il passait ses nuits à l'étude. Il acquit ainsi un très grand savoir qui fit de lui l'un des hommes les plus savants de son temps.

Il devint professeur de philosophie aristotélicienne et de théologie à l'université impériale.

En 857, l'oncle de l'empereur Michel III, Bardas, prenait le pouvoir politique avec le titre de césar.

Pour se venger du Patriarche saint Ignace (cf. 23 octobre), qui lui reprochait ses moeurs, il le contraignit à démissionner de sa charge et fit élire, contre son gré, par le clergé unanime le pieux et sage Photios.

Préférant même la mort à cette fonction périlleuse dans une période si troublée, celui-ci résista tant qu'il put aux injonctions et aux menaces, mais il fut obligé de d'obéir.

Il fut sacré Patriarche de Constantinople le 25 décembre 858.

Il s'efforça d'abord de liquider les restes des hérésies manichéenne et iconoclaste,  entreprit la restauration de quantité d'églises, de monastères et d'établissement.

Il réunit un concile en 861, dans l'église des Saints Apôtres, connu sous le nom de Concile "Premier-Second", dans le but de sanctionner la restauration de l'Orthodoxie et de condamner l'iconoclasme.

L'arrogant  et ambitieux Pape Nicolas 1er (858-868) qui avait pris le parti d'Ignace, avait vu dans cette affaire l'occasion d'affirmer, pour la première fois de façon si manifeste dans l'histoire de l'Eglise, la prétentions des papes de Rome à la juridiction "sur toute la terre et sur l'Eglise universelle".

De la primauté d'honneur et du pouvoir d'arbitrage en matière dogmatique, qui avaient toujours été reconnus par les autres Eglises, en particulier pendant les grandes hérésies menées par les empereurs byzantins (arianisme, monothéisme, iconoclasme), on voit en effet à cette époques la Papauté reprendre à son compte la prétention hégémonique de l'empire franc, avortée avec la mort de Charlemagne et le Traité de Verdun (843).

Sous l'initiative de papes au caractère autoritaire, celle-ci cherche alors à imposer à toute l'Eglise sa suprématie, laquelle lui aurait été léguée par le Christ Lui-même, et lui donnerait le droit de s'immiscer dans les affaires intérieures des autres Eglises et d'imposer partout les usages de l'Eglise Romaine (célibat du clergé, jeûne du samedi, utilisation du pain azyme pour l'Eucharistie etc.)

Saint Photios, face à de telles prétentions, dénonça les innovations romaines. Il écrivait :"L'abolition des petites choses transmises par la tradition conduit au mépris complet des dogmes".

Cette réaction provoqua la fureur du Pape qui écrivit alors à tous les évêques d'Orient accusant saint Photios d'occuper un siège illégitime, et le pape décréta de son prote chef la déposition du Patriarche de Constantinople, fait encore jamais vu.

En 863, ce même pape, convoqua à Rome un concile d'évêques occidentaux, qui décida la déposition de saint Photios et excommunia tous les clercs ordonnés par lui.

Aux objections de l'empereur Michel III, le pape déclarait, en 865, qu'il tenait du Christ Lui-même sa suprématie sur toute l'Eglise universelle et pouvait intervenir dans les affaires des autres Eglises.

Dans une suite de lettres, ce Pape couvrit d'un kyrielle d'injures qui ne méritèrent aucune réponse de la part de ce vrai disciple du Sauveur.

Malgré les persécutions du pape romain, en accord avec l'empereur, saint Photios organisa des missions chez les peuples slaves. Il fit appel à son ami saint Cyrille et à son frère Méthode.

Ils les envoya chez les Khazars de Russie du Sud. Puis en Moravie.

En 867, après l'assassinat de Michel III, l'empereur Basile Ier (867-886), montait sur le trône en fondant la dynastie macédonienne.

Il fit aussitôt déposer saint Photios et le fit emprisonner au monastère de la Protection, et il replaça saint Ignace dans sa charge.

Bien que malade, le digne imitateur de la Passion du Seigneur, supporta pendant trois ans toutes les peines d'une rude incarcération, la privation de toute compagnie et même de ses livres.

Pendant ce temps, les évêques ayant compris que leur lâche opportunisme les avait conduits à soumettre l'Eglise Byzantine au despotisme romain, persuadèrent l'empereur de déclarer invalides les décisions du conciles de 870 et de relâcher saint Photios.

L'empereur rappela alors le Saint avec de grandes marques d'honneur.

Le premier geste de Photios fut de se réconcilier avec saint Ignace.

A la mort de saint Ignace, le 23 octobre 877, l'Eglise unanime replaça Photios sur le trône patriarcal.

Saint Photios fut de nouveau déposé en 886 par le pape Léon Vi (889-912). Il fut enfermé pendant cinq au monastère des Arméniaques.

C'est alors qu'il rédigea, sans l'aide d'aucun livre , sa Mystagogie du Saint Esprit, réfutation systématique de l'hérésie du Filioque, dans lequel il démontre que le Sain Esprit procède éternellement de la Personne du Père, la Source de la Divinité, et nous est envoyé par le Fils, pour nous rendre participants de la nature divine.

Laissant ce traité en guise de testament à la Sainte Eglise en vue des combats à venir, il partit rejoindre le choeurs des Saints Pères et des Docteurs, le 6 février 891.

Saint Photios est un grand luminaire de l'Orthodoxie et un des témoins les plus authentiques de l'Esprit de l'Evangile.



Par les prières de Saint Photios,
garde-nous Seigneur,
dans la Foi Sainte et Orthodoxe.
Par ses prières aie pitié de nous !