jeudi 26 février 2015

MEDITATION POUR LE CARÊME

Lucernaire ton 8, 1er stichère :
Frère, jeûnons corporellement, jeûnons aussi spirituellement ; délions tout lien d'injustice, tranchons les noeuds des accords obtenus par la violence ; déchirons tous les contrats injustes, donnons du pain aux affamés, et recevons dans nos  maisons les pauvres sans toit, afin de recevoir du Christ Dieu la grande miséricorde.


Eglise orthodoxe - Fraternité monastique- Nîmes.

Proverbes 3, 1-18 :
Mon fils, n'oublie pas mes lois,
et garde mes paroles en ton coeur…

Mets ta confiance en Dieu de tout coeur,
et ne t'enorgueillis point de ta sagesse.

Ne te crois point sage par toi-même ;
mais crains Dieu, et détourne-toi de tout mal.
Alors la santé sera en ton corps, et le bien-être en tes os.
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La culture dans laquelle nous vivons infuse en nous (que nous le voulions ou non) constamment un sentiment d'orgueil, le sentiment de notre propre justice et de notre propre glorification. Elle est fondée sur la prétention que l'homme est capable de tout réaliser par lui-même, et elle va jusqu'à représenter Dieu comme Celui qui, toujours, "donne crédit" aux réalisations de l'homme et à ses bonnes actions.

L'humilité, qu'elle soit individuelle ou communautaire, ethnique ou nationale, est considérée comme un signe de faiblesse, comme quelque chose qui ne sied pas à un homme qui se respecte.

Mais qu'est-ce que l'humilité ?

La réponse peut surprendre parce qu'elle s'appuie sur une affirmation  qui peut étonner : "Dieu Lui-même est humble".

Il est évident que l'humilité est véritablement  une qualité divine, qu'elle est le contenu même et le rayonnement de cette gloire qui remplit le Ciel et la terre, comme le chante la Divine Liturgie.

Grande Entrée - Divine Liturgie - Fraternité Monastique - Nîmes

Dans notre mentalité humaine nous avons tendance à opposer "gloire et humilité", cette dernière étant pour nous le signe révélateur d'un manque ou d'une déficience.

A nos yeux, (et c'est malheureusement ce qu'on enseigne à nos jeunes gens)  c'est notre ignorance ou notre incompétence qui nous rend ou devrait nous rendre humble.

Il est presque impossible de faire admettre à l'homme moderne, nourri (gavé!) de publicité, d'affirmation de soi et de continuelles vanteries, que tout est ce qui est vraiment parfait, beau et bon, est du même coup naturellement humble.

Car c'est justement à cause de sa perfection qu'il n'a pas besoin de publicité, de gloire extérieure et encore moins d'ostentation d'aucune sorte.

Dur à digérer pou nombre de gens !

La vantardise, les prétentions en tout genre se nourrissent de vaine gloire, d'avenir radieux, et nos télévisions en rajoutent des couches !

Dieu est humble parce qu'Il est parfait, Son humilité est Sa gloire et la source de toute vraie beauté, perfection et bonté ; et quiconque s'approche de Dieu le connaît, participe immédiatement à la divine humilité et est revêtu de Sa beauté.

Ainsi en est-il de la Mère de Dieu, Marie : Son humilité a fait d'Elle la joie de toute la création et la révélation la plus pure de la beauté de la terre.

Ainsi en est-il de tous les Saints et ainsi de tous les humains dans les rares moments de ses contacts avec Dieu.

Office liturgique - Fraternité Monastique - Nîmes

Comment devient-on humble ?
La réponse est simple : en contemplant réellement le Christ, Humilité divine incarnée, Celui en qui Dieu a révélé une fois pour toute Sa gloire comme humilité et Son humilité comme gloire.

En cessant de s'auto-admirer. 

Notre seul véritable avenir et devenir c'est le Christ. Celui qui court après de vaines gloires humaines  descendra de l'échelle plus vite qu'il n'y est monté. Il se trompe et trompe les autres, mais il ne trompe pas Dieu, ni le diable. La gloire est un mensonge. L'auto-satisfaction est une planche savonneuse ! 

On devient humble en contemplant le Christ qui a dit : "Apprenez de Moi que je suis doux et humble de coeur".

C'est aussi en évaluant toute chose d'après Lui, en référant tout à Lui.

Car sans le Christ, l'humilité vraie impossible.

Récitons tous ensemble ce tropaire :

Ouvre-moi les portes de la pénitence,
ô Toi qui donnes la vie,
car dès l'aube, mon esprit
qui porte le temple de mon corps
tout souillé de péché
est tendu vers Ton Temple saint !
Dans Ton infinie bonté, purifie-moi
par Ta tendre miséricorde. 


Applanis-moi la voie du salut,
ô Mère de Dieu !
Car j'ai souillé mon âme de péchés infâmes
en dissipant ma vie dans la négligence.
Par Ton intercession,
sauve-moi de toute impureté !


Evangile de l'Autel. -Nîmes

Aie pitié de moi, ô Dieu,
selon Ton immense miséricorde.