vendredi 27 février 2015


Vendredi 14 février orthodoxe
27 février civil 2015

Nous faisons mémoire de Saint Cyrille, Apôtre des Slaves.
Lectures : Epître : Hébreux 7, 26-8 : 2.
                 Evangile : 5, 14-19.

Grande Carême.
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Vêpres du jeudi, Lucernaire,
1er stichère du Lucernaire, ton 2.

Je suis enténébré par les tromperies de l'adversaire ; illumine-moi, ô mon Dieu, Toi qui, jadis suspendu à la Croix, avais obscurci le soleil, et qui as éclairé les fidèles de la lumière véritable du pardon ; afin que marchant dans la lumière de Tes commandements, je parvienne en toute pureté à l'aube salvatrice de Ta Résurrection.

Id., 3ème stichère.
Oh, comme Ta Croix est puissante !
Elle a fait fleurir la tempérance pour l'Eglise, déracinant l'ancienne intempérance d'Adam en Eden autrefois.
L'une avait apporté la mort aux hommes ; mais l'autre fait jaillir sur le monde l'immortalité incorruptible, comme d'une autre source du Paradis, répandant Ton sang vivifiant avec l'eau, donnant ainsi la vie à tout. Par elle, rends douce la nourriture du Carême, Dieu d'Israël, Toi qui as la grande miséricorde.

Saint Théophane le Reclus
Sur l'orgueil.
"Le Seigneur résiste aux orgueilleux ; mais Il donne Sa grâce aux humbles" (Proverbe 3, 34).
Garde tout particulièrement ces paroles en mémoire, lorsque tu iras te confesser.
Rien autant que l'orgueil ne nous retient de dire : je suis pécheur.
Humilie-toi donc devant le Seigneur, ne t'épargne pas, ne crains pas l'homme devant toi.
Dévoile toute ta honte, afin d'être lavé, montre tes plaies, afin d'être guéri, énonce toutes tes iniquités, afin d'être justifié.
Plus tu seras impitoyable envers toi-même, plus le Seigneur te montrera de compassion et tu t'en retourneras avec le doux sentiment d'avoir été absous.
C'est cela, la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, qu'Il accorde à ceux qui s'humilient par une Confession sincère de leurs péchés.


MEDITATION
L'EXIL
Un  pays lointain, telle est l'unique définition de notre condition humaine que nous devons assumer et faire nôtre, quand nous commençons à marcher vers Dieu.

L'homme qui n'a jamais fait cette expérience, qui n'a jamais senti qu'il est exilé de Dieu et de la vraie vie, ne comprendra ce qu'est le christianisme.

Celui qui est bien "chez lui" dans ce monde tourmenté, abîmé, blessé, celui ne peut pas comprendre ce qu'est le repentir.

Trop souvent le repentir est simplement identifié à une énumération de péchés et de transgressions, à un aveu de culpabilité devant une accusation légale.

Confession et absolution sont envisagées comme des actes de nature juridique.

Mais on néglige une chose essentielle sans laquelle ni la confession, ni l'absolution n'ont de signification réelle, ni de pouvoir.

Cette chose, c'est le sentiment d'être exilé de Dieu, exilé loin de la joie de la communion avec Lui et loin de la vraie VIE qui est créée et donnée par Dieu.



Constatons qu'il est plus facile de confesser que : je n'ai pas jeûné aux jours prescrits, j'ai oublié mes prières, ou je me suis mis en colère
C'est tout autre chose de réaliser que j'ai souillé et perdu ma beauté spirituelle, que je suis loin, très loin de ma vraie Demeure, de ma vraie vie.

Pourtant cela, et cela seul est le repentir, et c'est pourquoi il est aussi un désir profond de retourner vers ce qu'on a quitté, de revenir, de retrouver la MAISON perdue.

Nous avons tous reçus de merveilleuses choses de Dieu : la vie, l'amour qui s'abrite en nous, la connaissance, le baptême, la Vie nouvelle en Christ, le don du Saint Esprit, la paix et la joie du Royaume de Dieu.
Mais tout cela, je l'ai perdu, je le perds constamment, par mes transgressions, et par mes péché. Mais aussi dans le péché de tous les péchés, en détournant mon amour de Dieu, en préférant le pays lointain (les plaisirs de mondes, les jouissances matérielles…) à la beauté de la Maison du Père.

Par la grâce de Dieu, l'Eglise est là pour nous rappeler ce que nous avons abandonné et perdu. Et tandis que l'Eglise me le  rappelle, je me souviens, comme dit le Kondakion  : "Loin de la gloire du Père, enfoncé dans ma malice, j'ai erré, et j'ai dilapidé avec les pécheurs les richesses que tu m'avais données."

C'est pourquoi je crie : Père très bon, j'ai péché contre Toi ! Reçois-moi, accepte-moi parmi les Tiens !"

Relisons le Psaume de l'Exil, 137 :
Au bord des fleuves de Babylone,
nous étions assis et pleurions,
nous souvenant de Sion.

Comment chanterions-nous
un cantique du Seigneur
sur une terre étrangère ?

Si je t'oublie, Jérusalem,
que ma droite se dessèche !

Que ma langue s'attache à mon palais,
si je perds ton souvenir,
si je ne mets Jérusalem
au plus haut de ma joie…

Comme nous le voyons, le Carême est un pèlerinage et un temps de repentance, mais aussi  un chemin de retour vers Dieu.