mardi 17 mars 2015

Mardi 17 mars civil 2015
4 mars orthodoxe

Nous faisons mémoire de notre vénérable Père Saint GERASIME l'anachorète du JOURDAIN (475)

(Nous nous souvenons de notre Frère le Hiéromoine Guérassime, Moine de notre Fraternité Monastique Nîmoise durant 20 ans, né au ciel le  3 août civil 2013. Il repose au cimetière du Pont de Justice à Nîmes, dans le carré Orthodoxe, dans l'attente de la résurrection.)

Saint Gérasime ou Guérassime.


TROPAIRE ton 1 :
Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un ange, * tes miracles te signalèrent, théophore Père Gérasime (Guérassime); * par le jeûne, les veilles et l'oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. Gloire à Celui qui t'a donné ce pouvoir, * gloire à Celui qui t'a couronné, * gloire à Celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

KONDAKION ton 4 :
Embrasé par l'amour suprême, tu préféras * à tous les délices du monde l'âpre désert du Jourdain; * c'est là qu'un fauve te servit docilement jusqu'à ta mort * et de chagrin se laissa mourir sur ton sépulcre, Père saint, * Dieu te glorifiant d'une telle façon; * vénérable Père, intercédant auprès de Lui, * de nous tous, Gérasime (Guérassime), souviens-toi.

SYNAXAIRE :
Saint Gérasime est né dans la province de Lycie, à la fin du 4ème siècle, et entra  enfant dans un monastère cénobitique.
Après avoir été formé aux règlements de la vie commune des moines, il partit vers les lieux désertiques où il se nourrissait de plantes poussant là naturellement, et il passait ses jours et ses nuits à lutter contre les esprits des ténèbres et les passions de la chair.
Il partit en Terre Sainte pour vénérer les sanctuaires de Jérusalem, puis il se dirigea vers l'âpre désert  de la Mer Morte. Il attira à lui un grand nombre de disciples.

Pendant la semaine il s'abstenait de toute nourriture et ne se contentait le dimanche, que de la Sainte Communion.

Comme ses disciples devenaient plus nombreux, il alla fonder une LAURE dans un endroit plus clément, sur les rives du Jourdain, dans laquelle il alliait harmonieusement la vie communautaire et la solitude.

Les débutants devaient d'abord vivre dans le cénobion pour y apprendre la soumission et les institutions de la vie angélique, puis ceux d'entre eux qui étaient suffisamment éprouvés dans l'ascèse et l'humilité allaient vivre en solitaire aux alentours, répartis dans plus de soixante-dix cellules.

Le samedi et le dimanches, ermites et cénobites se réunissaient dans l'église pour célébrer la Divine Liturgie.

Ils partageaient le repas, puis ils recevaient les fournitures nécessaires à leur travail manuel, un pain, quelques dattes et de l'eau, et chacun repartait dans sa cellule.

Comme saint Gérasime se promenait sur la rive du Jourdain, un lion se présenta soudain devant lui, hurlant de douleur et lui montrant sa patte enflée, car une pointe de roseau s'y était enfoncée.

Le Saint, plein de compassion que Dieu éprouve pour toutes Ses créatures, retira l'épine, nettoya la plaie et la banda. 

Le lion, reconnaissant, ne voulut plus quitter l'homme de Dieu; il le suivait partout comme un disciple exemplaire et, converti de sa férocité naturelle, il ne mangeait plus que du pain et des légumes. Il avait même reçu un obédience monastique, il était chargé de conduire l'âne du monastère pour le faire paître sur les rives du fleuve.

Echappant à la surveillance du lion, l'âne fut capturé par des chameliers venant d'Arabie. Le lion revint au monastère tout triste et tête baissée. Gérasime, croyant que le lion avait mangé le pauvre âne, le réprimanda avec sévérité et le condamna à porter l'eau du monastère.

Quelque temps après, le chamelier qui avait pris l'âne était de nouveau de passage dans la  région et se trouva par hasard en face du lion. En reconnaissant l'âne, le lion fonça aussitôt sur lui et, le prenant par la bride avec trois chameaux à la suite, il le ramena avec joie au monastère d'Abba Gérasime en frétillant de joie.

Son innocence ayant été reconnue, le lion, qui avait reçu le nom de Jourdain, vécut dès lors dans la Laure inséparable du saint et ami de tous les moines.

Quand saint Gérasime s'endormit dans le Seigneur (5 mars 475), Jourdain était absent de la Laure. Lorsqu'à son retour, les moines lui apprirent la mort de l'Ancien, il refusa de manger et il poussait de grands rugissements de désespoir.

Un moine l'invita à le suivre pour voir l'endroit où l'on avait enterré le Saint.

Aussitôt le lion s'approcha de la tombe, il se prosterna avec le moine et, frappant violemment sa tête contre terre, il mourut sur place en poussant un grand rugissement.

La Laure de Saint Gérasime est restée pendant très longtemps un des hauts lieux du monachisme palestinien, jusqu'à sa destruction au 13ème siècles.

Par les prières de Saint Gérasime,
Seigneur Jésus Christ, aie pitié de nous !

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Mardi de la 4ème semaine de Carême

Orthros du mardi
1er canon ton 8, 2ème ode, 3ème tropaire.
Qui ne te pleurerait pas ,
Mon âme, qui ne te plaindrait pas toi qui convoites le mal et ne recherches pas ardemment le bien, et qui méprises constamment le Juste Juge, qui est longanime envers toi ?


Méditation :
de saint Justin de Tchélié

Sur le portement de la Croix.

Que signifie "renoncer à soi" ?
Cela signifie : renoncer à son âme pécheresse, à sa volonté pécheresse, à son intellect pécheur.

Lorsqu'il accomplit cela, l'homme se crucifie réellement, sépare en lui ce qui est pur de l'impure, ce qui est péché de ce qui ne l'est pas, ce qui est de Dieu de ce qui est du Diable.

L'homme se trouve alors sur la Croix, sur sa Croix.

La souffrance, la crucifixion de soi devient purification.

L'homme crucifie tous ses péchés, renonce à sa vie pour lui-même, à la vie égoïste, il rejette sa propre volonté pécheresse et assimile la volonté divine du Christ pour qu'elle le mène et le dirige ensuite dans toute sa conduite dans le temps et l'éternité. (Chercher à préparer son propre avenir au regard du monde est pour un chrétien, pour un moine une grave erreur spirituelle, notre avenir c'est uniquement le Christ et Lui seul, tout autre recherche n'est qu'égarement.)

Ce renoncement cruciforme bifurque en deux labeurs. Le premier : prends sa Croix ; le second : suivre le Christ par les saints Mystères et les saintes Vertus évangéliques.

Ainsi, l'homme édifie en lui le chrétien.

Ne pas renoncer à soi au moyen de l'amour de la Croix et vouloir en même temps suivre le Christ signifie : être l'homme qui a attaché autour de son cou des centaines de pierres meunières et vouloir voler

Le mot "CROIX", dans le christianisme, est le mot générique pour tous les tourments et toutes les souffrances dans le combat du chrétien avec les péchés, les passions et les démons.

Les Croix ne sont pas les mêmes pour tous.

Chacun a sa Croix, car on ne peut appartenir au Christ, être chrétien sans Croix, sans porter sa Croix, sans crucifixion de soi-même.

C'est la bonne nouvelle contenue dans les paroles du Sauveur : "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa Croix, et qu'il me suive." ( Matthieu 16,24)


Ne détourne pas Ta Face de Ton serviteur,
car je suis affligé !
Ecoute-moi sans tarder,
prends soin de mon âme et délivre-la !
(Grand prokimenon du commencement du Carême)