vendredi 19 février 2016

Vendredi 6 février orthodoxe
19 février civil 2016

Après fête de la Sainte rencontre

Nous faisons mémoire de 

SAINT PHOTIOS LE GRAND
patriarche de Constantionople

Patriarche Saint Photios de Constantinople.

LECTURES :
Epître : Hébreux 7, 26-8 : 2. 
Evangile : Jean 10, 9-16.

TROPAIRE ton 4 :
La justice de tes oeuvres a fait de toi * pour ton troupeau une règle de foi, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c'est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l'exaltation * et par ta pauvreté la richesse, * Père et Pontife Photios, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

KONDAKION ton 2 :
Clairon de l'Esprit ayant fait retentir la parole de Dieu, * planteur de la foi, ayant déraciné les hérésies, * fidèle serviteur de la divine Trinité, * sublime poncif Photios, *devant le trône du Seigneur avec les Anges en tout temps, * ne cesse pas d'intercéder en faveur de nous tous.


Saint Photios, confesseur et Patriarche de Constantinople
Photios le Grand est né en 820 dans une famille de la haute noblesse byzantine.
Son père, Serge, était le frère du Patriarche saint Taraise (fêté le 25 février), le frère de sa mère Irène avait épousé la soeur de l'impératrice Théodora.
Ses parents aimaient les Moines et ils souffrirent le martyre pendant la persécution iconoclaste, laissant à leur fils en héritage un bien plus précieux que le noblesse et la fortune : l'amour de la vraie foi jusqu'à la mort.
Il fit de très haute étude et acquit ainsi un savoir universel qui fit de lui l'homme le plus savant de son temps et la figure centrale de la renaissance intellectuelle de Byzance après la tourmente iconoclaste.
Il devint professeur de philosophie et de théologie à l'université impériale.
Il fut envoyé en mission diplomatique auprès du calife de Bagdad.
Sa mission ayant été couronnée de succès, il reçut à son retour la dignité de directeur de la Chancellerie impériale.

En 857, l'oncle de l'empereur Michel III, Bardas, prenait le pouvoir. Pour se venger du Patriarche saint Ignace (fêté le 23 octobre), qui avait réprouvé ses moeurs, il le contraignit à démissionner et fit élire, contre son gré, le pieux et sage Photios.

Celui-ci préférant même la mort à cette fonction périlleuse, résista tant qu'il put aux injonctions et aux menaces, puis c'est en pleurant qu'il céda finalement.

Il fut ordonné patriarche de Constantinople le 25 décembre 858, après avoir gravi en six jours tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique.


Malgré d'abondantes épreuves, il s'efforça de lutter  contre l'hérésie manichéenne et iconoclaste. Il Il entreprit la restauration d'église, de monastères et d'établissements de bienfaisance.

On réunit en 861, dans l'église des Saints Apôtres, connu sous le nom de Concile "Premier-Second", dans le but de sanctionner la restauration de l'Orthodoxie et de condamner définitivement l'iconoclasme.

Outre ce rôle dogmatique, le concile reconnut la validité de la nomination de Photios.

L'opposition du Pape Nicolas 1er et son ingérence dans les affaires de l'Eglise byzantine, poussa saint Photios à dénoncer les innovations romaines. Il écrivit : L'abolition des petites choses transmises par la tradition conduit au mépris complet des dogmes.

Furieux le Pape romain écrivit alors à tous les évêques d'Orient en accusant Photios d'occuper un siège de manière illégitime, et il décréta la déposition du Patriarche de Constantinople, fait encore jamais vu. Il décidait de surcroît que les décisions du concile de 861 étaient invalides, en invoquant le droit des Papes à juger les conciles.

La vengeance du Pape n'avait pas de limite.

En 863, ce pape convoqua un concile d'évêques occidentaux, qui décida la déposition de Photios et excommunia tous les clercs ordonnés par lui.

Ce pape prétendit avoir tous pouvoir pour intervenir dans toutes les Eglises de la terre.

Puis, dans une suite de lettres, il couvrit Photios d'une kyrielle d'injures qui ne méritèrent aucune réponse de la part de ce vrai disciple du Sauveur.

Malgré les oppositions et les soucis, le saint patriarche n'en poursuivait pas moins son activité apostolique. En accord avec l'empereur, il organisa des missions d'évangélisation chez les peuples slaves. Il fit appel à saint Cyrille et à son frère Méthode.

Le prince Boris de Bulgarie, qui venait d'être baptisé par Photios avec l'empereur Michel comme parrain, se détourna de Byzance, qui avait refusé de lui accorder un patriarche et fit appel à Rome (866).

Saisissant cette occasion, le pape envoya des missionnaires latins en Bulgarie, avec ordre de répandre leurs innovations, et en particulier l'addition du FILIOQUE dans le Symbole de la Foi (Le Saint Esprit procèderait alors du Père et du Fils, non du Père seul, comme nous l'enseigne l'Ecriture).

Devant le danger de ces innovations qui atteignaient le dogme de la Sainte Trinité lui-même, saint Photios jugea qu'il était temps de devenir combattant et qu'il fallait rompre le silence.

Il adressa une Lettre Encyclique à tous les évêques d'Orient, dans laquelle il condamnait les erreurs latines, en particuliers le FILIOQUE.

Puis il convoqua un grand concile à constantinople, en 867, qui proclama la doctrine orthodoxe victorieuse sur toutes les hérésies et anathématisa le pape Nicolas et ses missionnaires de Bulgarie.

Un SCHISME officiel séparait ainsi les deux Eglises, précurseur de la rupture définitive de 1054.


Après l'assassinat de l'empereur Michel III, l'empereur Basile Ier (867-886), montait sur le trône en fondant la dynastie mécédonienne. Il fit aussitôt déposer saint Photios et le fit emprisonner au monastère de la Protection, et il replaça saint Ignace dans sa charge.

En dépit des interventions pacifiques de saint Ignace, les ennemis de Photios commencèrent alors à mener des persécutions en règle contre tous les clercs qu'il avait ordonnés.

Rome condamna  de nouveau Photios en 869 et déclara invalide le saint concile de 867, en brûlant publiquement ses actes.

Ce faux concile de 869, appelé par les latins 8ème concile, réunit en 869-870, réunit très peu d'évêques.

La suite des évènements fut cruelle pour saint Photios et son clergé.

(Lire la vie de saint Photios et ses écris)